“Allez vient prendre ton bain !” : Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de répéter cette phrase à ton enfant pour la 4ème, 5ème ou 6ème fois d’affilée… et d’avoir l’impression qu’il ne t’entend pas ou encore de le voir filer dans la direction opposée et d’avoir droit à des pleurnicheries, des pleurs ou des cris avant et pendant le bain ? pourquoi je n’arrive pas à me faire écouter ?

se faire obeir enfant

Est-ce que ce n’est pas épuisant de devoir répéter inlassablement chaque jour la même chose ?

Si cela t’arrive en ce moment, saches que tu n’es pas le seul parent à vivre ce genre d’opposition… la plupart des parents finit par s’énerver et leur enfant finit par piquer une crise de colère. Résultat : Ce moment qui devrait être un moment de retrouvailles serein avec ceux que l’on aime, de détente après une longue journée, devient juste un enfer.

Pourquoi nos enfants ne font pas ce qu’on leur demande la 1ère fois qu’on le leur demande ?

1- Nos priorités de parent ne sont pas leur priorité

En fait, aucun enfant ne comprend en quoi le bain est essentiel… pour nous. Et tous les enfants sont très occupés et ont des choses bien plus importantes à faire. Peut-être que ça te paraît futile, mais le boulot à plein temps de nos enfant est de jouer, c’est comme ça que nos enfants apprennent. Et quand on y réfléchit, c’est plutôt une bonne chose d’avoir un enfant capable de d’enthousiasmer et de se motiver tout seul en jouant plutôt que d’attendre que l’on soit à la source de toutes ses distractions.

2. Nous avons habitué nos enfants à ne pas faire attention à ce qu’on leur dit jusqu’à ce qu’on crie ou qu’on les menace

Nos enfants savent que s’ils nous ignorent, ils vont pouvoir gagner quelques minutes précieuses avant d’aller au bain, plutôt chouette de pouvoir finir leur construction de leur tour ou circuit auto ! Parfois c’est inconscient.
Quand un enfant de 7 ans par exemple ne réagit pas après la 5eme et la 6eme demande, c’est qu’on l’a entrainé à ne pas nous écouter jusqu’à ce que l’on crie…

3- Nos enfants ont besoin de nous pour les aider à passer d’une activité à une autre

Et c’est assez logique quand on y pense… Quand on est concentrée sur notre ordinateur ou quand on prépare le repas et que notre enfant se met à pleurnicher, est-ce qu’il est facile pour nous de s’interrompre dans la seconde ? C’est la même chose pour un enfant que l’on dérange dans son activité, dans son jeu.

4. Le cortex préfrontal de nos enfants est en construction

Leur cortex préfrontal travaille encore sur leur capacité à passer de ce qu’ils veulent à ce que l’on veut. Chaque fois que l’on pose une limite qui demande à notre enfant d’abandonner ce qu’il veut au profit de ce que l’on veut, il doit faire un choix. Dans de nombreux cas, il est capable de nous écouter s’il décide de placer notre rapport au dessus de ce qu’il veut obtenir. Et à chaque fois qu’il agit comme ça, il augmente la capacité de son cerveau à prendre la voie haute celle qui fait appel à son cortex pré frontal. C’est comme ça que nos enfants apprennent à s’auto-discipliner. Mais ça ne fonctionne que si nos enfants le font volontairement. Si on les traine de force, s’ils sont en opposition et qu’ils n’ont pas pris la décision de prendre cette voie là, ils ne construisent pas les connexions neuronales qui leur permettent de s’auto-discipliner.

5. Ils ne se sentent pas écoutés et compris

On ne peut pas faire obéir nos enfants à moins d’utiliser la force, qu’elle soit physique ou psychologique (lien article).

Alors, comment susciter l’envie de coopérer ?
Dans la plupart des cas nos enfants seront contents de suivre nos consignes s’ils se sentent écoutés et compris.

6- Le lien avec nous est rompu ou distendu

Quand nos enfants ne suivent pas nos consignes, c’est parce qu’ils se sentent déconnectés de nous leurs parents.

On a passé une longue journée séparés ou bien on s’est disputé avec eux ce matin avant de sortir de la maison, ou encore ils sont en colère contre nous parce qu’on tient leur petite sœur dans nos bras. Peut-être qu’on les met au coin, qu’on les punit quand ils ont un comportement qui ne nous convient pas plutôt que de se rapprocher d’eux dans ces moments là. Ou parfois le simple fait d’être un enfant dans ce monde et de garder en eux toutes ces peurs freine leur capacité à se connecter affectivement à nous.

7. Ils ont le sentiment qu’ils ne peuvent plus compter sur nous

Les enfants se tournent naturellement vers leurs parents pour les guider. Quand ils sont convaincus que nous sommes de leur côté, ils veulent nous faire plaisir. Quand un enfant devient provocateur ou que l’on est dans le rapport de force régulièrement, c’est le signe qu’il est temps de recréer le lien et de renforcer notre relation.

8. Ce sont des êtres humains comme nous

Qu’on le veuille ou non, personne n’aime se soumettre à la force. La plupart des gens n’aime pas être sous contrôle et obéir et nos enfant n’échappent pas à cette idée.
Plus ils se sentent contrôlés, plus les enfants qui ont du caractère se rebellent. Quant aux enfants plus sages, ils perdent leur capacité à prendre des initiatives et s’affirmer en tant qu’individu.

Comment faire pour me faire écouter par mon enfant ?

1- Changer d’intention et de vocabulaire

Remplacer des mots comme : “se faire obéir” par “comment faire pour que mon enfant coopère” est clef dans la relation avec nos enfants et le changement de comportement. En changeant de vocabulaire, on montre notre intention de bienveillance et de rapport équilibré, on sort automatiquement du rapport de force.

2- Apprendre à recréer le lien lorsqu’il est rompu ou distendu

Créer ce lien vital avec notre enfant et lui montrer que l’on prend en compte ses priorités s’apprend et se pratique. Par exemple en s’intéressant à ce qu’il est en train de faire : “Géniale ta tour, comment on fait pour monter tout en haut ?”

Une fois que l’on a créé cette connexion et que l’on a capté leur attention, il est facile de dire à notre enfant ce qui va se passer ensuite et d’avoir leur attention :
“Luce c’est l’heure du bain, tu veux y aller maintenant ou dans 5 minutes ?… D’accord dans 5 minutes, tape moi dans la main pour qu’on valide notre accord”. Personnellement j’ai toujours dit à Luce depuis son plus jeune âge “give me 5” mais si l’anglais n’est pas ton truc, toute forme de validation d’accord est valable 😉

Inutile de crier depuis une autre pièce pour te faire entendre…

S’égosiller depuis l’autre bout de la maison est inefficace et use inutilement nos cordes vocales parce que, comme on l’a vu plus haut, si nos enfants peuvent avoir 5 minutes de rab pour jouer, ils les prendront avec joie 🙂
Pour se reconnecter (sans s’épuiser), il suffit de s’approcher de notre enfant et de prendre sa main en commentant ce qu’il est en train de faire et de lui dire par exemple :
“Luce, j’ai besoin de te parler” puis d’attendre qu’elle nous regarde dans les yeux.

Si elle est en train de regarder la TV ou de jouer sur sa tablette, de la même façon que pour la tour, on peut l’avertir que l’on s’apprête à mettre le jeu en pause ou à éteindre la télé. Puis de respecter le temps supplémentaire qu’on lui a accordé avant de commenter à nouveau son jeu : j’adore cette tour…

Il suffit ensuite de rappeler notre accord : “ok Lulu, les 5 minutes sont passées, tu te souviens de ce qu’on a dit : 5 minutes et on va au bain. C’est l’heure d’y aller maintenant”
Et de proposer un choix : “Est-ce que tu veux que ces 2 voitures sortent du circuit et fassent la course jusqu’à la baignoire ? tu prends laquelle, moi je prendrais bien la bleue…”

Que faire si ton enfant refuse de faire ce qui était convenu ?

Faire preuve de cohérence est l’une des clefs essentielles pour que les consignes sur lesquelles on s’est accordés soient respectées et pour éviter d’habituer nos enfants à ne pas nous écouter.
Dans ce cas, je t’invite à :
– Poser une limite avec empathie de façon à ce que ton enfant veuille coopérer
– Donner à son cerveau plein d’opportunités de choisir la voie du haut, celle du cortex pré-frontal.

La première étape consiste à reconnaitre leur position et, dans la mesure du possible, leur donner la possibilité de choisir.

J’ai bien compris, tu l’as dit haut et fort : Pas de bain ce soir… mais tu vois, ce soir on doit vraiment prendre un bain… qu’est-ce que tu préfères : un bain ou une douche ?

Est-ce que je peux revenir sur ma décision sans perdre la face ?

Il arrive à tout parent de se rendre compte que sa demande n’est pas forcement la plus appropriée quand il écoute ses enfants. Par exemple, est-ce que prendre un bain systématiquement tous les soirs est indispensable ? Est-ce que je peux revoir mes exigences ? C’est parfois chouette de montrer à nos enfants qu’on est capable de changer d’avis et de ne pas s’obstiner.

Si tu juges en tant que parent, que ce que vous aviez convenu est un incontournable, poser la limite en douceur et se préparer à des pleurs est une belle opportunité de créer encore plus de lien avec ton enfant en lui montrant que tu es à ses côtés même dans ces moments là.

Au quotidien des outils comme carte blanche que je partage dans mes programmes, le rire et les jeux de contact sont des must à pratiquer.

Pour aller plus loin, je t’invite à t’inscrire gratuitement à mon programme Ludique Attitude, 10 jours d’initiation à la parentalité ludique en cliquant sur ce lien : inscription à Ludique Attitude

En t’inscrivant tu recevras chaque jour une nouvelle vidéo de jeu et auras accès à de nombreuses ressources pour t’aider dans ta vie de parent.

Je t’invite à me laisser un commentaire sous l’article pour me dire comment tu vis ces moments comme le bain avec tes enfants

A toi de jouer !

Cet article a un commentaire

  1. Vers une parentalité positive

    “Comment faire pour ne pas répéter 20 fois les mêmes choses?” C’est une question que les parents me posent souvent lors de mes accompagnements. Effectivement comme vous le dites dans cet article, la première chose à faire selon moi est de se déplacer jusqu’à lui, attendre qu’il nous regarde pour formuler une demande de façon affirmative. Ensuite je propose aux parents de rester près de l’enfant et de renforcer chaque petits pas qu’il fait dans la direction de ce qu’ils ont demandé. La parentalité positive demande un certain engagement de la part des parents pas toujours implémentation à mettre en place. En tout cas, merci pour vos articles, je pense me pencher un peu plus sur la question de la parentalité ludique que j’apprécie particulièrement.

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