enfant en colere

On aimerait tous que nos enfants sachent contrôler leurs émotions, qu’ils apprennent à ne pas hurler ou fondre en larme lorsqu’on leur demande de partager, qu’ils s’entendent à merveille avec leur frère ou leur sœur, ou encore qu’ils comprennent quand on leur dit qu’ils se calment parce que maman est fatiguée… Mais si vous êtes parent, vous savez comme moi que malgré tous nos efforts pour les aider à être ces enfants équilibrés que nous aimerions qu’ils soient, notre vie en famille est ponctuée de tempêtes, de manifestations d’émotions fortes parfois difficiles à vivre.

Et certaines réactions de nos enfants nous semblent parfois disproportionnées, comme par exemple lorsqu’ils se jettent par terre en hurlant parce qu’on a refusé de leur acheter un jouet ou encore lorsqu’ils se se mettent à hurler et tout balancer autour d’eux au moment où on leur lave les cheveux dans le bain…

C’est la raison pour laquelle je souhaite parler de… neuroscience parce que le développement du cerveau est l’une des clés qui permet de comprendre pourquoi nous vivons ces situations avec nos enfants et comment nous pouvons en sortir.

Un peu de neuroscience : Les différentes fonctions de nos cerveaux…

Notre cerveau est organisé en différentes parties qui font chacune un job différent. C’est un peu comme si nous avions des personnalités différentes qui cohabitent dans nos petites têtes.

Un hémisphère gauche, logique, réfléchi et un hémisphère droit, affectif, non verbal

La partie gauche du cerveau nous aide à penser de manière logique, à organiser nos pensées et à les exprimer verbalement par des phrases. La partie droite nous aide à vivre des émotions et lire des signaux non-verbaux qui nous permettent de communiquer par l’expression du visage, les échanges de regard, le ton de notre voix, etc. C’est le cerveau de l’intuition, de tout ce qui lié à l’affectif, aux émotions.

Une partie basse, primitive, siège de nos émotions et une partie haute pour les gérer…

En bas, le tronc cérébral et le système limbique assurent toutes les fonctions primitives comme par exemple réagir immédiatement en quelques fractions de secondes en cas de danger pour fuir ou s’immobiliser. Cette partie basse abrite aussi l’amygdale qui est le siège des émotions comme la colère et la peur ;
En haut, le cortex cérébral et ses différentes parties – particulièrement celles situées derrière le front – sont plus évolués. Cette partie haute nous aide à planifier, à réfléchir, à faire preuve d’empathie, à contrôler nos émotions, à faire preuve d’imagination.

Faire travailler ces deux parties du cerveau verticalement permet aux parties du haut de réguler celles du bas et de calmer les réactions impulsives, et vice versa pour intégrer l’instinct dans nos décisions.

La clé de l’épanouissement, c’est d’arriver à faire marcher toutes ces parties ensembles horizontalement, c’est à dire faire fonctionner l’hémisphère droit et gauche ensemble et verticalement, c’est à dire la partie haute et basse du cerveau.

Cerveau en construction… revenez dans une vingtaine d’années

Chez les enfants, le cerveau haut est en construction et il n’arrive à maturité que vers l’âge de 25 ans, alors que le cerveau bas lui, est à son plein potentiel dès le plus jeune âge !

Les enfants de moins de 3 ans sont dominés par l’hémisphère droit. Ils ne maîtrisent pas l’usage de la logique et des mots pour exprimer leurs émotions. Ils vivent la vie dans l’instant présent à 100%. Si les jeunes enfants n’utilisent pas leur partie haute du cerveau, c’est simplement parce que leur cortex est en construction et ne peut pas jouer pleinement son rôle à savoir réguler leur colère et leur peur. Ce n’est pas de leur faute s’ils sont submergés par les émotions sans pouvoir les contrôler, c’est biologique, c’est la faute à leur amygdale !

Daniel Siegel, neuropsychiatre américain, dans son livre “The whole-brain child” dit que Le cerveau gauche commence à entrer en action lorsque les enfants commencent à poser la question “pourquoi”, c’est à dire à vouloir connaître la cause et l’effet et à exprimer cette logique par des mots.

Donc quand votre enfant se met à hurler au supermarché parce que vous ne voulez pas lui acheter un jouet, tenter de lui faire comprendre que c’est bientôt noël ou son anniversaire et qu’il aura des jouets dans quelques semaines, n’aura pas beaucoup d’effet parce qu’il n’a ni la notion du temps, ni la maturité cérébrale nécessaire pour raisonner de façon logique…

Rétablir le contact lors d’une crise : oui mais comment ?

En fonction du degré de colère et de l’âge de votre enfant, vous pouvez utiliser ces 2 techniques

1 – Se reconnecter avec notre enfant en acceptant ses émotions puis l’aider à utiliser son cerveau gauche

Notre premier objectif en cas de grosse colère est de faire baisser le niveau de stress de notre enfant, et pour cela, nous allons utiliser notre cerveau droit. Nous pouvons prendre notre enfant dans nos bras, parer les mauvais coups pour éviter qu’il se fasse mal, qu’il fasse mal aux autres ou encore qu’il dévaste le magasin. Nous pouvons utiliser le ton calme de notre voix pour lui montrer qu’on comprend qu’il soit en colère sans nous laisser entraîner par celle-ci. Cela peut paraître contre-intuitif parce que dans un lieu public, le regard des autres peut-être pesant, mais maintenant que vous savez que votre enfant n’a pas encore la possibilité de faire intervenir son cerveau pré-frontal, à vous d’utiliser le vôtre à sa place…

C’est seulement une fois que la connexion est rétablie, que nous pouvons l’emmener à faire appel à son cerveau gauche en verbalisant et en faisant appel au raisonnement logique.

2 – Utiliser le jeu pour recréer le lien puis revivre si besoin l’histoire grâce au jeu

En fonction du degré de colère et de l’âge des enfants, vous pouvez faire appel au ludique. Faire quelque chose de rigolo, de loufoque, comme par exemple le prendre comme un sac de pomme de terre…
S’il répète :” je veux ce jouet !!!”
Vous pouvez par exemple dire à votre tour : “Et moi je veux un sac de patates!!! et d’ailleurs je vais l’emporter tout de suite, allez hop !” en soulevant votre enfant pour le mettre sous votre bras. L’objectif est de capter son attention, de provoquer le rire et accessoirement lui faire oublier ce jouet parce que peut-être que ce jouet n’était qu’un prétexte pour attirer votre attention et dire “maman/papa, j’ai besoin de toi”.

Si ce type de crise est récurrent, vous pouvez rejouer plus tard la scène à la maison avec des personnages ou en inversant les rôles avec votre enfant, en endossant le rôle de l’enfant qui exige ce jouet et en surjouant volontairement le  personnage qui veut tout, tout de suite et qui se jette par terre en gigotant et en faisant des demandes de plus en plus extravagantes : “je veux le supermarché entier !!!”.

Jouer au quotidien pour faire travailler simultanément toutes les parties du cerveau

Je ne le répèterai jamais assez, le meilleur moyen de stimuler le cerveau de vos enfants et le vôtre, pour que toutes les parties fonctionnent en même temps, pour créer du lien et prévenir 95% des crises  : c’est le jeu.

Le jeu fait intervenir notre cerveau droit et notre cerveau gauche, le jeu est riche en émotions, en rires et grâce au jeu les enfants font aussi appel à la logique  lorsqu’ils suivent des règles ou encore lorsqu’ils procèdent par étape pour construire, enchaîner des actions ou encore raconter une histoire avec des personnages.

Et vous pouvez utiliser le jeu dès les premiers échanges avec votre bébé…  Lorsque par exemple vous tenez ses deux petites mains et que vous échangez des regards et qu’il gazouille en vous fixant dans les yeux, vous stimulez son cortex droit.

Dans cette vidéo, j’ai demandé à ma fille, qui a passé l’âge des crises au supermarché, si elle voulait bien jouer le rôle d’un enfant de moins de 6 ans qui veut un jouet… Toutes les occasions sont bonnes pour s’amuser en famille 🙂

Laissez-moi un commentaire pour me dire comment vous gérez les situations extrêmes aujourd’hui avec vos enfants, merci 🙂

A vous de jouer !

Cecile

Cet article a 39 commentaires

  1. LOrence

    Merci pour cet article très complet, très clair pour donner de l’information aux parents désemparés devant les crises de leurs enfants! Le jeu fait parti du quotidien de la maison et c’est bon tant pour les enfants que pour les parents qui n’ont pas spécialement joué étant enfant! C’est d’ailleurs le bémol: tous les adultes ne sont pas à l’aise avec cet outil, en ce qui me concerne la rééducation est passée par des jeux de chahut avec des adultes avant de pouvoir proposer du jeu écoute à mes enfants.

    1. Remy

      Bonjour,

      en ce qui me concerne, mon fils de 6 ans se met souvent en colère très fort: il hurle, il lance les objets, et il donne des coups de pieds dans les objets, et il pleure. Je précise qu’il fait cela à la maison, pas à l’extérieur. Mais cela m’inquiète de le voir se mettre dans ces états. Cela me fait aussi de la peine. Moi, ce que je fais c’est de le laisser se calmer seul, je ne sais pas si c’est bien. Quand il s’immobilise je vais lui parler, et lui demande de m’expliquer ce qui l’énerve comme cela. puis je lui propose une porte de sortie si j’en ai une (au sinon je lui parle de complètement autre chose); par exemple: j’ai faim mais je n’aime pas ce que tu as fait a manger… bon si tu goutes, je te sers quelque chose que tu aimes après.
      Mais je pense que c’est vraiment un apprentissage parental car ce n’est pas évident de garder son calme, des fois on est fatigué, préoccupé,…
      si vous avez d’autres propositions je suis preneuse…

  2. Nexus

    Moi je suis moins courageuse que vous, dès que je “sens” venir une crise je me mets directement au niveau de mon enfant, pexemple : s’il ne quitte plus des yeux un jouet dans un magasin et refuse de partir, je prends le temps de m’accroupir à côté de lui et de m’extasier en parlant du jouet qui est “tellement beau en rouge”, “et je suis sure qu’il fait une lumière”, “tu crois qu’ils en font pour les mamans aussi ?” etc …

  3. Marion

    j’ai juste envie de dire merci…

    Ici, le miroir marche plutôt bien, quand maman se met à piétiner en exigeant un câlin, un bisou ou n’importe quoi d’autre 😀

    Mais déjà reconnaître que 1/avoir envie (d’un jouet, d’un bonbon, de faire seul, de choisir…) c’est normal
    2/que c’est difficile d’y “renoncer”
    3/proposer un câlin pour la frustration

    ça fait beaucoup 🙂

  4. joanna

    Très intéressant merci beaucoup. Moi personnellement je préviens mes enfants qui sont tdah que aujourd’hui c’ est le jour des courses pour remplir le frigo et qu’ il n’ y aura pas d’ extra donc pas de caprices. Et si le petit essaie malgré tout je lui demande toujours si c’ est un besoin ou une envie car très souvent il possède déjà le jouet demandé 😉 je lui redemande une deuxième fois et là il me dit haaaa non finalement j’ ai plus envie. Mais les caprices sont très rares je l’ avoues.

  5. messaoudi

    Merci pour ce superbe partage ! Je vais essayer sur mes enfants. Mais j’ai aussi un enfant qui a un Handicap mental. Est ce qu’il comprendra les choses de la même manière qu’un enfant dit “normal” ?

    1. Cécile

      Ok c’est super que vous essayiez avec vos enfants 😉 La base de tout ça c’est de faire preuve d’affection et de sortir du rapport de force, et cette base là tous les enfants en ont besoin, qu’ils aient un handicap ou pas. Et parfois, il faut faire preuve de patience et de persévérance pour trouver le déclic qui déclenche le rire chez un enfant quel qu’il soit.
      N’hésitez pas à nous faire un retour d’expériences dans les commentaires.
      Merci 🙂

  6. A Mélanie

    Bonjour,

    notre fille de 17mois, commence a se rouler par terre depuis quelques semaines a la moindre contrariété, sans forcément pleurer mais elle se met en ‘poids mort’ pour ne pas aller la ou on lui demande d’aller ou si on ne lui donne pas ce qu’elle désire … comment vraiment réagir au mieux pour ne pas amplifier le probleme ? nous nous avons pris le parti d’en rire, on en rajoute on dit olala papa regarde ca y’est elle se met par terre, ohh bah dis donc cest pas joli ahahah et souvent elle s’arrete au bout de quelques secondes et passe vite a autre chose surtout si on lui propose de jouer ou autre d’apres l’article on agit bien 🙂
    autre question, elle a des tendances a taper, souvent son pere s’il la dispute hop elle tape souvent au visage de rage et plus on lui demande d’arreter plus elle tape ce qui enerve et fait parfois mal. souvent on la pose et on s’éloigne, mais il n’y a pas un moyen de lui faire mieux comprendre que cest mal ?
    de plus elle est très TRES impatiente …. chouine au moindre petit ‘probleme’ un légo qui ne rentre pas dans un autre grrr quand cest toutes les 20secondes dur dur de ne pas y preter attention, est ce un passage ?
    merci d’avance pour vos réponses
    bonne soirée

    1. Cécile

      bonjour Mélanie,
      merci pour ce témoignage 😉 Votre fille commence à s’affirmer, ça prouve qu’elle grandit 😉 En rire c’est bien en faisant attention de ne pas vous mettre tous les 2 en opposition avec elle ou que ce soit pas ressenti comme une moquerie.
      Par exemple, si vous êtes, vous et son papa, à ses côtés au moment où elle se jette par terre, l’un de vous deux pouvez vous allonger par terre à côté d’elle et gigoter en faisant mine de râler “moi aussi, je veux “ceci”… (en reprenant avec des mots le truc que votre fille désirait) et l’autre peut dire :”ah ben me voilà bien maintenant j’ai 2 enfants qui veulent “ce truc”… mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ces 2 loulous ???”. a ce moment là vous pouvez rejoindre votre conjoint et dire :” bon ben moi aussi je me mets par terre allez hop !!! et enchaîner sur une série de roulades sur le côté avec votre conjoint pour interrompre le processus et provoquer le rire de votre fille ou encore faire mine de vouloir soulever et prendre sous le bras votre conjoint “oh mais il est trop lourd cet enfant là je n’y arrive pas ..; voyons si celui là est plus léger… puis prendre votre fille sous le bras.

      Sur le fait qu’elle frappe après une dispute, c’est sa façon à elle d’exprimer sa grosse colère du fait qu’elle se sent démunie et “déconnectée”. Une chose qu’il faut vraiment comprendre c’est que quand un enfant frappe, c’est qu’il n’est pas bien à l’intérieur, qu’il ressent de grosses émotions qu’il ne sait pas gérer. ça peut-être lié à une peur ou frustration vécue plus tôt dans la journée ou plusieurs jours auparavant et qu’il a gardé en lui. Et c’est au moment d’une confrontation avec vous que ça ressort, c’est l’élément déclencheur.
      Donc, il faut l’aider à évacuer ces émotions en posant des limites et sans vous laisser entraîner par sa colère… (un challenge 🙂
      par exemple : parer physiquement ses coups pour éviter qu’elle vous fasse mal et qu’elle se fasse mal et en disant quelque chose comme : “non, non, non ma chérie ( ou le petit nom vous lui donnez habituellement ;), je ne peux pas te laisser frapper papa ou maman” et en utilisant un ton de voix calme et doux.
      Il est fort probable qu’après ça, elle se mette à pleurer, hurler et à vouloir frapper encore, et c’est de cette façon qu’elle va évacuer cette grosse émotion. La clef c’est de ne pas interrompre la crise en étant tentée de la mettre au coin ou dans sa chambre ou en surenchérissant en criant à notre tour. Au contraire l’idée c’est de rester à ses côtés, de rester calme et déterminée, encore une fois de parer les coups et de répéter qu’on ne frappe pas maman ou papa…
      Le but que vous devez avoir en tête c’est de vous reconnecter avec elle.
      Au quotidien, c’est grâce au jeu que vous allez pouvoir le faire. Vous pouvez jouer à des jeux qui lui donnent le pouvoir, par exemple trappe-trappe… Elle vous court après et vous dîtes: “tu ne peux pas m’attraper je cours trooppp vite !” et à la dernière seconde, vous la laissez vous attraper en disant “oh nooon, tu m’a eue…” Vous pouvez lire cet article aussi : https://www.leo-melrose.com/5-facons-etre-loufoque-avec-vos-enfants-assumer/
      voilà j’espère que ces quelques pistes vous aideront 🙂

    2. Gwen

      Cécile répond à quasiment tout votre commentaire. J’ajoute juste au sujet de l’énervement face à une difficulté : ce n’est pas évident de gérer une frustration liée à un “échec”. Pour s’apaiser et s’encourager à retourner de manière plus posée face au défi qu’un enfant s’est lancé rien de tel que doudou : j’en ai vu un en crèche peiner à entrer un “cube” en forme d’étoile dans un trou, s’énerver, tout balancer, filer renifler son doudou (qui était posé dans le casier à doudou mais toujours disponible) pour se calmer puis revenir à son cube en étoile et réussir… il avait à peu près l’âge de votre petite…

    3. Celette

      Je suis passée par cette étape avec mon garçon qui a maintenant 2 ans et demi. À 18-20mois, il tapait et mordait. Du coup au lieu de m’énerver (ce qui ne servait à rien), j’ai choisi un vieux coussin j’ai dessiné un bonhomme en colère dessus et lorsqu’il commençait à taper je lui disais de taper(ou mordre) dans le coussin. Taper etait plus fort que lui. Nous finissions par taper les 2 ensemble sur le coussin. Et son besoin de sortir ses émotions etait respecté. Il tape de moins en moins désormais. C’est une étape mais de mon côté une fois qu’il a parlé beaucoup de choses se sont arrangées. Bonne journée!

  7. Laura

    Bonjour ma fille qui n’a pas encore 3 mois veut se tenir uniquement assise ou debout quand je la rallonge contre moi elle pleure et s’énerve et essaye de se rassoire si elle y arrive elle arrête de pleurer alors je me dit qu’elle fait une colère je lui explique qu’elle est trop petite qu’il faut faire chaque chose en son temps que puis je faire d’autre vu son âge ? Est ce une colère. ? Merci

    1. Cécile

      Bonjour Laura, en voilà un bébé tonique 🙂
      On peut la comprendre parce que quand on est assise ou debout on a une autre perspective.
      Et à presque 3 mois elle commence certainement à avoir envie de plus d’interaction avec le petit monde qui l’entoure.
      Essayer de s’asseoir et ne pas y arriver c’est frustrant donc c’est assez logique qu’elle s’énerve et pleure, qu’elle se mette en colère. Elle évacue sa frustration en pleurant.
      Personnellement, j’essaierai plusieurs trucs :
      par exemple, de mettre des mots sur ce qu’elle vit en jouant avec le ton de ma voix, en chantonnant, en jouant avec les sons, et en privilégiant le contact physique.
      “oooh tu essaies de te lever, tu as envie de voir tout ce qui se passe autour de toi, et oui parce qu’il y a beaucoup de choses à découvrir autour de toi. Il y a plein de choses rigolotes… Il y a maman, ma…man qui fait le pitre avec sa bouche…” et en posant des limites quand elle bouge et que c’est dangereux sur un ton tout doux :”non, non, non, ma chérie, je ne peux pas te laisser te lever sur la table à langer…”.
      J’essaierai de capter son attention sur des jeux de sons faits avec ma bouche, des grimaces et des jeux simples de cache cache/coucou… maman qui se cache derrière ses mains, derrière les pieds de bébé, pour que lorsque votre fille est allongée, elle associe ce moment à du plaisir.
      Parallèlement j’essaierai de lui laisser la liberté de manifester ses envies de bouger, de s’asseoir en veillant à sa sécurité bien sûr avec des jeux un peu plus “physiques” : par exemple je prends bébé assis sur moi, on se balance doucement, je la tiens bien dans mes bras et on fait comme si on tombait doucement sur le côté sur le canapé, ou encore je lui laisse donner les impulsions pour s’asseoir ou se mettre debout tout en l’aidant à se relever ou en la soutenant physiquement et en faisant mine de dire “poum je suis tombée” et en répétant ça
      Ce ne sont que quelques idées, vous me direz si ça aide…

  8. Dafodil

    Article intéressant, j’avoue qu’avec une fille de 6 ans et demi TRÈS explosive, je suis souvent désemparée! Peut-être ai-je trop d’attentes?

    Pour Laura: si petite, il est aussi possible que ses pleurs soient dus à un désagrément physique comme un RGO (reflux gastro-oesophagien), les bébés qui en sont atteints préfèrent la position verticale car ils ont moins de remontées. A vérifier chez le médecin,.

    1. Cécile

      Merci Dafodil;) pour Laura, c’est vrai qu’un désagrément physique est aussi possible, bonne remarque à creuser. Je connais bien le RGO parce que ma fille en a fait les frais jusqu’à l’âge de 3 ans et a été traitée au mopral pour ça après avoir passé des mois à rejeter parfois des jets impressionnants de lait. Sa nounou a été victime du RGO aussi : un matin je venais tout juste de lui passer Luce dans les bras et elle a été copieusement arrosée 🙂
      Elle ne rouspétait pas quand elle était allongée et notre médecin nous avait dit que le RGO ne fait pas souffrir les enfants. C’est vrai qu’elle ne pleurait pas mais les rejets de lait étaient impressionnants !

  9. Roselyne

    Hello…
    Merci pour ce partage 🙂
    et de le rappeler 🙂

    Perso c’est MA hantise ! un truc de dingue et j’ai la chance qu’elle ne me l’ai pas encore fait !

    Simplement ? si je peux me permettre, votre exemple du sac de patate j’essaierais d’y penser… Mais a mon avis peut être en donner plusieurs 🙂 et plus et plus et plus 🙂 ça serait top moumoute… A mon avis 🙂

  10. lila may

    Bonjour,

    alors ici quand elle se met en crise je la prend dans les bras mais les 3/4 du temps elle me rejette, si elle reste malgré tout en face moi en boudant et que je connais la cause de sa colère j’essaie de lui expliquer les choses à sa porté, si je sens que c’est lié à autre chose, j’essaie de découvrir l’origine de la colère et je lui explique les choses le plus à sa portée possible. Si elle ne veut pas me dire je lui dit que je suis là si elle a besoin, je la laisse se calmer ou évacuer et à un moment où elle n’y pense plus quand l’occasion se présente je fais genre en prenant une voix rigolote ou stupide au choix “je suis Mlle cassandre, il y a quelque chose qui m’a mise en colère aujourd’hui à l’école. La maitresse m’a grondée ou ma copine n’a pas été gentille avec moi aujourd’hui. Comme je ne sais pas ce qui s’est passé exactement elle veut rectifier l’histoire que je raconte pour remettre les choses dans le bon contexte. Et même si à la base elle ne voulait rien dire, j’en apprends un minimum qui me permette d’avoir un début d’explication ou de deviner l’ensemble. Bon j’avoue qu’elle n’aime pas trop quand je fais cela, elle est partagé entre l’envie de rire et la bouderie car du coup elle dit se qu’elle souhait taire. Elle a certainement l’impression sur le coup de s’être fait avoir, ensuite j’accueille son émotion et change de sujet. Quand la crise est importante, impossible de la prendre dans les bras, ni même de la toucher sans me prendre de coup, alors le lui dit ferment qu’il est inadmissible de taper maman sous la colère, que maman comprend qu’elle puisse être en colère mais qu’elle doit apprendre à décharger sa colère autrement (je lui propose de taper les coussins, quand elle accepte ça la fait rire au bout de 2 ou 3 tapes dessus), si elle refuse ou que je ne suis pas en état de patience (fatigue ou autre) pour recevoir sa colère, je lui demande d’aller se calmer dans sa chambre où l’y emmène (généralement elle y va seule), puis je la rejoins 2/3 minutes plus tard, si je vois qu’elle est calmée ou presque, pour accueillir sa colère, la prendre dans mes bras,, lui dire que je comprend ce qu’elle ressent et lui explique aussi mes émotions.

    Sur ces quelques variantes, c’est le temps de retour au calme seul et ma venue ensuite pour accueillir ce qui ne va pas qui fonctionne le mieux en ce moment. Je dis en ce moment car il y a quelques mois le coussin fonctionnait bien, mais ce n’est pas un coussin dédié exclusivement aux décharges, mais un de ceux de la maison à prendre, je pense donc que ça les a lassés. Je pense en faire un spécifiquement pour ça, coloré et ludique pour mieux décharger.

  11. Gwen

    Genial, merci de ces informations. Mes jumeaux n’en sont pas encore là mais ça va venir vite. Donc merci pour cette video qui me rassure et me donne des pistes de réflexion et de la matière pour apprendre à réagir correctement.

  12. caroline

    Ici ma fille est entre une grande soeur et un petit frère. Elle a été suivie par une équipe de psychologue, psychomotricienne, éducatrice spécialisée. C’est 3 personnes était importante pour ma fille, nous avons fait un bon travail ensemble, mais nous avons encore des crises. Je me souviens d’une crise en sortie de parc playmobile, nous passons par la boutique et ma fille me demande la grosse maison, je lui répond que ce n’est pas possible, grosse crise, puis me viens l’idée d’une ami de rentrer dans sa pensée, de lui demander ce qu’elle ferait de cette maison. Je lui dit : “elle te plait cette maison ? – oui. – Et tu aurais des chats dans cette maison ? – oui – Comment les appellerais-tu ? ” A ce moment elle cherche des prénoms pour ces petits chat et du coup elle a oublier la maison… on est repartis serins.

  13. Madda

    Merci pour cette video, que je trouve vraiment interessant.
    Mon fils a 3 ans et il commence à etre plus raisonable. Quand on va dans un magasin j ai appris à ne pas lui empecher de regarder ou de toucher les choses (bien sur je sourveille), quand il voit qq chose que lui interesse plus que les autres je prend qq instant avec lui, je m’arrete et si on ne veut pas acheter je lui dit simplement “on continue le tour? Tu peut le remettre à sa place stp? Pour le voir la prochaine fois et pour les autres enfants”. Comme ca c est un peu comme si il n’y avait pas d'”objet demons” et je ne l’attaque pas tout de suite avec des NON ou des ordres.
    Par contre, quand il nous est arrivé que il fasse des crises pour x raisons, impossible de le toucher… donc ca, c’est tout de suite plus difficile à remettre en ordre.

    Mais savoir que son cerveau ne lui permet pas de gerer ses emotions, m’a permis de developper beaucoup plus d’empathie.

    Merci et à bientot,
    Maddalena

    1. Cécile

      Merci Madda. Parfois quand notre enfant fait une crise et qu’il ne veut pas qu’on le touche, faire juste un pas en arrière et dire “ok je m’écarte un peu je suis juste si tu as besoin de moi..” aide parce qu’il sait qu’on est là pendant ce moment où il ne sent pas bien, qu’il peut compter sur nous 😉

  14. Mélanie

    C’est une très belle explication 🙂

    Ici ce n’est pas toujours évident avec notre fils aîné,qui aura 8 ans bientôt. Il ne se maîtrise pas très bien, de mieux en mieux et on voit bien depuis qu’il a 7 ans qu’il a une plus grande capacité ‘à prendre sur lui’ . Réfléchir, analyser, se calmer etc.. Mais il a encore beaucoup de réflex agressif et violent lorsque l’émotion monte. Nous travaillons fort sur cet aspect et heureusement il accepte de mieux en mieux que l’on tourne la situation d’une façon drôle. Car avant, il le prenait très mal ! Comme si on le ridiculisait, qu’on riait de lui quoi .. Nous ne trouvons pas toujours évident de l’empêcher de nuire lorsqu’il frappe… puis qu’il est grand et de plus en plus fort au fil des ans.. du coup ça devient de moins en moins facile de l’approcher quand il est dans une trop grande colère. Si vous avez des idées pour les enfants plus âgés, je suis preneuse, possible qu’on y ai pas pensé héhé

    Merci ! 🙂

  15. Cécile

    merci Mélanie 😉
    un truc qui aide à éliminer les comportements agressifs c’est de pratiquer les jeux de contact et d’opposer de la résistance puis de laisser gagner nos enfants une fois qu’ils ont bien bataillé. Ces jeux sont top pour renforcer le lien affectif avec nos enfants. Et puis à tester aussi : intégrer l’humour en pratiquant des jeux un peu loufoques où on fait preuve d’auto-dérision. Bien sûr ces jeux sont à pratiquer en dehors des crises de colère.

  16. khad

    Bonjour

    Mon fils va avoir 6 ans dans 2 mois et nous rencontrons des difficultés dans ses rapports avec les autres.

    Il a du mal a contenir ses émotions et excitations lorqu’il en colere ou tout simplement content, il va faire n’importe quoi comme courir, jeter, et même taper (il croit que c’est un jeu de taper!!!) il n’obéis pas du tout a l’école son institutrice n’arrive pas a le gerer.

    Ce qui ressort beaucoup de ce que l’on entend c’est “dommage qu’il est ce caractère là, il est trés intelligent” .

    Comme c’est un enfant unique j’avoue qu’avec mon marie on ne sait plus quoi faire!!! il a maintenant une réputation d’enfant incontrôlable voire méchant alors que c’est pas du tout le cas.

    A la maison c’est pas facile tout les jours mais j’ai aussi les bons côtés et peut être lui en demandent ont un peu trop ??!!

    Pouvez vous m’aider svp ?

  17. Lambert

    Bonjour,
    Mon fils de 4 ans fait de très grosses colères depuis 10 jours maintenant ! La situation à la maison est particulièrement tendue au point que son papa envisage même de partir. Malheureusement, nous avons craqué récemment et lui avons dit que nous n’arrivions plus à gérer et que si cela continuait, il n’y aurait plus de famille avec papa,maman et lui. Il a perdu son grand-père durant le mois d’août après une longue maladie et cette situation m’a également épuisée.
    Ce mardi, nous avions demandé à son grand-père paternel de venir le chercher à l’école (sous-entendu pour faire quelque chose ensemble), résultats des courses il est venu avec sa nouvelle compagne, ils sont allés chercher le petit à l’école et n’ont RIEN fait avec lui sauf le regarder jouer. Lorsque je suis rentrée à 18h, j’ai du préparer le repas pour eux, mettre la table, servir le repas et bien sûr m’occuper du petit lapin….Vers 19h lorsque j’ai dit “à table”, le petit s’est renfermé il voulait continuer son dessin et nous avons confisqué son marqueur…Résultat des courses : énorme colère, il hurlait, disait des gros mots, me frappait, voulait casser mes lunettes…Après 30 minutes, il s’est calmé et je l’ai pris dans mes bras.
    La nouvelle femme de mon beau-père nous a alors dit qu’il fallait le médiquer, le faire suivre par un psychiatre (qu’un psychologue n’était plus capable de nous aider, je précise que je suis psychologue) et qu’elle avait rencontré des enfants comme lui dans l’enseignement spécial. Son père et moi devons aussi nous faire médiquer..
    Et hier soir, mail de mon beau-père qui redit la même chose et parle de psychiatrie.
    Perso, je suis démunie, je ne sais plus comment faire et j’ai peur que nous ne puissions jamais nous en sortir.
    Mafalda

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