Tu as choisi de fonder la relation avec tes enfants sur l’amour plutôt que sur la peur en toute conscience en t’engageant sur le chemin de la parentalité ludique et de l’education positive… Oui mais voilà, ton mari, ta femme, ton partenaire de vie lui, ne partage pas, ne valide pas et/ou ne pratique pas cette forme de parentalité… et reste dans le rapport de force perpétuant punitions, menaces, humiliation à l’égard de vos enfants.
Du coup tu te sens frustré(e), en colère parfois contre elle/lui et tu n’aimes pas la façon dont il gère sa relation avec vos enfants ou simplement son manque d’implication. Est-ce ce que cette situation t’est familière ?

discipline positive

Si oui, j’aimerais d’abord te dire que tu es loin d’être la seule personne à vivre cette situation, c’est le cas dans de nombreuses familles. Et que même lorsque les deux parents partagent la même vision, la mise en pratique n’est pas forcement aisée et intégrée de la même façon chez chacun des deux parents.

D’abord parce qu’il est fréquent qu’un des deux parents soit plus présent auprès les enfants que l’autre. C’est notamment le cas lorsque l’un des deux travaille à la maison et se retrouve de fait plus souvent impliqué dans son rôle de parent. Étant plus présent et pratiquant plus souvent, ce parent est généralement plus impliqué dans la recherche d’informations sur le sujet. Cette situation engendre parfois une forme de compétition et de dédain avec des reproches vis à vis du partenaire qui est moins présent.

Et puis quand on investit soit même beaucoup d’énergie pour  devenir un parent plus zen, plus patient et plus à l’écoute de ses enfants, il se passe souvent deux choses.

  1. On a parfois du mal à mettre autant d’énergie pour faire preuve d’empathie vis à vis de la personne avec qui on partage sa vie.
  2. On peut avoir le sentiment que notre conjoint sabote le “travail” fourni vis à vis de nos enfants.

C’est la raison pour laquelle j’aimerais partager ces 5 clefs pour favoriser une meilleure entente entre les parents même lorsque ton partenaire n’est pas sur la même longueur d’ondes quant à l’éducation de vos enfants.

1- Entamer le dialogue sur le sujet de l’éducation des enfants

Et cela peut commencer dans un couple avant même la naissance de l’enfant.

Un bon moyen de démarrer cette conversation, c’est de partager l’histoire de ton enfance et de poser des questions à ton mari ou ta femme sur le type d’éducation qu’il ou elle a reçu, sur la relation qu’ils entretenaient, sur la gestion des conflits dans la famille, dans la fratrie, sur leur attitude vis à vis de lui/elle (câlins, joueurs ou froids et distants), sur la façon dont ils s’exprimaient lorsqu’ils s’adressaient à lui/elle ( respect, empathie ou cris), etc.

Entamer ce type de conversation nous aide à comprendre le parent que nous sommes et qu’est notre partenaire de vie.

Et il est plus facile de pardonner et de faire preuve d’empathie envers lui/elle lorsque l’on sait d’où il/elle vient et ce qu’il/elle a vécu en tant qu’enfant. Parce que bien évidemment, il sera plus long et difficile de se recâbler en mode “parent zen” pour un parent ayant grandi dans un environnement autoritaire. C’est un vrai travail sur soi pour se “déprogrammer et reprogrammer” qui peut prendre des mois, voire des années. Mais la bonne nouvelle, c’est que le fait d’en parler et d’amener ce vécu dans le conscient ouvre la possibilité du changement.

2- Considérer ton conjoint ou partenaire de vie comme ton allié

Même s’il ou elle est moins présent(e) auprès des enfants, voir notre conjoint comme un allié, l’équivalent d’un coéquipier dans le sport ou d’un associé dans une entreprise par exemple si on travaillait ensemble est un must parce que la question qui en découle, c’est : qu’est-ce que je peux faire pour l’aider et lui faciliter la tâche ?

Et c’est une question importante à se poser parce que l’enjeu c’est le bien-être des enfants, le nôtre et plus globalement celui de notre famille. Cela mérite en soi une petite réunion parce que le simple fait d’en parler ouvre aussi d’autres sujets connexes comme par exemple :

  • Passe-ton assez de temps ensemble en tant que couple ?
  • A-t-on suffisamment de temps pour soi et si ce n’est pas le cas, que pouvons-nous mettre en place pour que cela change ?
  • A t’on suffisamment de temps pour jouer avec nos enfants individuellement ?
  • Qu’est-ce que tu aimerais partager avec nos enfants, qu’est-ce que tu aimerais faire avec eux ?

Ce genre de conversation simple permet de se retrouver et d’imaginer ensemble des solutions créatives pour rendre la vie de couple et de famille plus zen et plus fun par exemple en envisageant de se réserver une soirée 100% ensemble, une fois par semaine, de jouer ensemble avant ou après le repas, de se lever plus tôt pour ré-aménager l’emploi du temps de la famille, etc.

3- Éliminer les critiques et dénigrement de notre partenaire (qui plus est devant les enfants) et se concentrer sur le positif

Cela peut paraître basique mais ce n’est parfois pas si simple pour de nombreux parents (pour moi y compris à une certaine époque)…

Et pourtant, c’est fondamental parce que critiquer et dénigrer l’autre est une stratégie perdante.

Donc plutôt que de se concentrer sur ce qui ne fonctionne pas en pointant l’autre du doigt, apprécier ce qu’il ou elle fait bien et mentionner combien tu as trouvé cette attitude belle et efficace, c’est prendre la meilleure direction possible pour ta famille.

Comme dans tout partenariat, chacun a la même part de responsabilités et de droits en tant que parent même si l’un y consacre peut-être plus de temps. Quel que soit le niveau d’implication de ton partenaire aujourd’hui ou hier, il ou elle compte pour tes enfants. Et la tentation de prendre (presque) toute la place en tant que parent et de laisser que trop peu de place à l’autre peut être grande…

On a tout à gagner à favoriser le lien entre nos enfants et notre partenaire de vie (y compris lorsqu’il y a séparation) pour le bien des enfants sur le long terme. Donc plutôt que d’entrer dans un forme de compétition, aider à créer ou entretenir une belle relation entre notre conjoint et nos enfants en leur laissant du temps ensemble est un must. C’est aussi une excellente opportunité de prendre du temps pour s’occuper de soi en solo.

4- Trouver la porte d’entrée pour toucher ton conjoint

Chaque personne est différente et ton partenaire a certainement sa propre idée quant à ce qu’il ou elle souhaite pour vos enfants. Est-ce qu’il/elle est sensible aux résultats scolaires, aux faits scientifiques, au temps qu’il peut dégager pour satisfaire ses besoins personnels ?

Aujourd’hui il existe suffisamment de ressources sur la parentalité positive et la parentalité ludique, que ce soit des articles, formations, interviews d’experts, livres, recherches, pour trouver l’information appropriée et la partager avec ton conjoint sur chaque sujet potentiel de discorde, depuis le fait de mettre au coin un enfant jusqu’au fait de l’empêcher de pleurer par exemple.

Et il est bien plus facile d’aller chercher cette information et de laisser ces ressources sur la table de chevet, du salon (ou même aux toilettes :)) que de communiquer directement ton opinion sur la façon dont il ou elle devrait gérer la situation. Parce que nous sommes souvent tentés d’entrer dans des guerres stériles d’arguments et de contre-arguments chargés émotionnellement avec le risque de passer pour celle ou celui qui veut avoir raison, se sent supérieur et passe son temps à critiquer l’autre.

Bien entendu, l’idée ici n’est pas de noyer ton partenaire d’informations qui le mettraient sur la défensive, mais de subtilement faire entrer des informations au compte goutte, pas à pas, en commençant par un sujet qui te tient vraiment à cœur.

  • Est-ce que c’est le fait d’arrêter le chantage : “si tu ne fais pas ceci, tu n’auras pas cela” ?
  • Est-ce que c’est le fait d’arrêter de crier ?
  • Est-ce que c’est le fait de demander quelque chose aux enfants en disant s’il te plaît et merci
  • Est-ce que c’est le fait de dégager du temps pour jouer en tête à tête ?…

A toi de déterminer ta priorité pour commencer à insuffler de nouvelles idées à la maison. Vivant avec un scientifique, j’ai pu tester cette façon de faire en amenant petit à petit des informations sur les neurosciences à la maison et je peux confirmer que cela porte ses fruits.

5- Montrer l’exemple du parent que l’on aspire à devenir et à incarner

Cette clef est pour moi la plus importante de toutes et celle qui, selon ma propre expérience, fonctionne le mieux. Tout comme il est bien plus efficace de faire passer nos messages et enseignements à nos enfants en étant soi même un modèle du comportement que l’on souhaite voir chez eux, il est également plus payant d’incarner le parent que l’on aimerait voir chez notre partenaire de vie.

En d’autres termes, traiter notre partenaire de la façon dont on aimerait qu’il nous traite et qu’il traite nos enfants. Donc plutôt que de le critiquer, de l’humilier, de lui coller une étiquette, ou d’entrer en conflit sur l’attitude à adopter dans telle ou telle autre circonstance, nous avons bien plus à gagner à montrer l’exemple lorsqu’une situation problématique se présente, sans se positionner comme un donneur de leçon. Inspirer plutôt que de diriger.

Comme toute compétence, une bonne communication s’apprend. Voici donc quelques ouvrages dont je te recommande la lecture :

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Et souvenons-nous d’une chose :

“Quand nous posons l’intention de mettre l’amour au cœur de notre relation avec notre conjoint comme avec nos enfants, en se concentrant sur ce qui est le plus important et en mettant notre ego de côté, nous posons les bases d’une stratégie gagnante pour le bien-être de nos enfants et le nôtre.”

Je vous souhaite de doux moment en couple et en famille.

Partage l’article si tu penses qu’il peut aider un parent que tu connais.

A toi de jouer !

Cet article a 3 commentaires

  1. Nitt

    Merci pour cet article encourageant (et tous les autres que j’ai lus ou visionnés, pour les vidéos) ! Je vis aussi au quotidien les deux techniques phares de l’inspiration pour donner de bonnes idées, et celle du livre laissé nonchalamment sur la table basse, en attendant que les experts fassent leur effet (mon époux est prof de philo, alors argumenter avec lui… c’est peine perdue). Le livre auquel je pense est “J’ai tout essayé” d’Isabelle Filliozat, que j’ai connue grâce à toi. Ce livre est une mine pour les parents de deux bouts de choux de deux mois et deux ans que nous sommes.
    Et c’est vrai, en me voyant essayer de rester calme en cas de bêtise et demander ce qu’il faut faire, encourager à réparer les erreurs (made in Discipline Positive) et à force de m’entendre dire “si tu jouais un peu avec ton fils, il a besoin de passer du temps avec son papa”, il y a des réflexes qui s’installent. Lentement, mais sûrement. Et je découvre un papa beaucoup plus tendre et doux depuis quelques mois. Je m’accroche à ça !

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