Est-ce qu’il t’arrive encore d’assister à un débat dans lequel un parent justifie le fait de continuer à donner la fessée à ses enfants sans savoir comment contre-argumenter sans t’énerver ou est-ce qu’il t’arrive parfois de donner toi-même la fessée malgré toi ?

punir un enfant

Dans cet article et vidéo, tu vas trouver de la matière pour :

  • contre-argumenter face à une personne pro-fessée
  • t’aider à changer d’intention si tu donnes la fessée
  • partager avec des parents de ton entourage que ce soit ton mari/ta femme, ton voisin/ta voisine, un collègue ou un parfait inconnu que tu croises sur ton chemin.

Et si tu es un enfant qui reçoit des fessées, il te suffit d’imprimer cet article et de laisser la page imprimée sur la table du salon de tes parents 😉

Argument 1 : J’ai reçu des fessées quand j’étais enfant et je n’en suis pas mort

C’est l’argument qu’on entend souvent de la part de personnes qui ont vraiment le sentiment de ne faire aucun mal en donnant des fessées.
Cet argument des personnes qui justifient la fessée me fait penser à l’argument d’un fumeur qui dit : “j’ai fumé 2 paquets de cigarettes par jour pendant toute ma vie et je n’en suis pas mort” et qui a la chance de faire partie des 2/3 des fumeurs qui ne meurent pas d’un cancer, Félicitations !…

Est-ce que ça veut dire pour autant que fumer est bon pour ta santé ? Non bien entendu.

Une vaste majorité des personnes de ma génération a reçu des fessées et heureusement que certains d’entre eux s’en sont remis. La fessée peut être surmontée comme tout autre traumatisme… Un adulte peut être épanoui malgré les fessées qu’il a reçu étant enfant mais il est aussi évident que ce n’est pas grâce à la fessée qu’il devient plus épanoui. Certains enfants ont une force intérieure qui les aide et heureusement. De la même façon que certaines femmes battues arrivent à dépasser ces épreuves et à vivre une vie épanouie grâce à leurs ressources internes et en se faisant aider. Tu me suis ?

Argument 2 : Donner la fessée, c’est pas vraiment taper…

J’aimerais que la personne qui avance cet argument m’explique la différence entre donner une fessée et taper :
Est-ce que la fessée serait une petite “tape gentillette”, une tapette qui ne marque pas donc comme ça ne se voit, qu’il n’y pas d’ecchymose, tout va bien ?
Les recherches montrent que les enfants qui reçoivent une fessée sont blessés, même si elle ne laisse pas toujours de traces physiques, la fessée laisse à minima des traces émotionnelles. Après avoir reçu une fessée un enfant se sent humilié, honteux et il y a toutes les chances qu’ils reproduise cette façon de “discipliner” ses enfants lorsqu’il sera adulte.

La fessée est une expression de la violence, tout comme crier, punir, ou taper plus fort…

Argument 3 : Parfois la fessée est nécessaire pour remettre les idées bien en place chez nos enfants et les faire changer de comportement

Là aussi les recherches montrent que les enfants à qui on donne la fessée ont toutes les chances de se comporter de manière agressive.
Et quand bien même sur le moment, l’objectif de faire plier un enfant à sa volonté est atteint, on montre un modèle complètement contre-productif.

Qu’est-ce se dit un enfant quand on lui donne une fessée  ?
“Si papa ou maman résout son problème en me tapant, c’est certainement la bonne façon de résoudre les problèmes avec quelqu’un de plus faible et plus petit que soi.”

Donc non seulement, l’enfant va reproduire le schéma d’éducation lorsqu’il sera adulte, mais la fessée augmente les chances que notre enfant adopte un comportement agressif à son tour. Et puis, on fait en sorte que le comportement que l’on veut éliminer chez nos enfants se reproduise parce que nos enfants nous imitent, et le modèle qu’on leur montre ici c’est la violence et l’agressivité.

Ce que retient l’enfant, c’est : “si j’ai besoin de résoudre un problème, taper la personne est la solution appropriée”

Argument 4 : Je lui ai donné une fessée parce qu’il a failli traverser la rue en courant… (sous entendu c’est pour sa sécurité)

En réalité quand notre enfant se met à courir dans la rue et qu’on lui crie dessus ou qu’on lui donne une fessée, c’est parce qu’on a eu très peur en tant que parent.

Le souci, c’est qu’un de nos rôles de parents est justement d’assurer ta sécurité de nos enfants quand il y a danger et là comme on a failli à cette responsabilité, c’est notre enfant qui en subit les conséquences en se prenant une fessée… En gros on punit notre enfant pour avoir fait soi-même une erreur…
Je parle de cette situation là parce que c’est une scène à laquelle j’ai assisté dans Toulouse récemment.

Alors personnellement, je suis pour qu’un enfant apprenne grâce aux conséquences naturelles de ses actes : par exemple s’il veut sortir sans manteau, il va pouvoir constater par lui même qu’il a froid ou s’il pleut et qu’il ne veut pas mettre sa veste imperméable ou ses bottes, il va être mouillé. et c’est bien qu’il puisse expérimenter par lui même les conséquences de ces actes (ou non actes) pour apprendre à être responsable.

Mais quand un enfant est trop jeune pour comprendre, ou qu’il y a danger pour sa vie, c’est à nous, ses parents, de retirer le danger devant lui. Donc, on va devoir lui tenir la main même s’il n’en a pas envie… ou l’attacher dans sa poussette s’il ne veut pas nous tenir la main.

Argument 5 : Pour certains enfants, les mettre au coin suffit… mais pour d’autres, on est obligé d’utiliser la force pour qu’ils comprennent

Mettre au coin un enfant ou isoler un enfant dans sa chambre, c’est déjà s’engager sur une mauvaise voie et adopter la mauvaise stratégie parce qu’on est dans le rapport de force et on ouvre la porte à l’escalade de la violence… A ce “jeu” là, ça va toujours être insuffisant, et il va falloir aller toujours plus fort dans la confrontation pour se faire obéir.

Ensuite, nos enfants grandissent et à un moment ou un autre, qu’on le veuille ou non, si notre relation est fondée sur le rapport de force, ils vont prendre le dessus par exemple à l’adolescence lorsqu’ils auront suffisamment de force ou bien s’éloigner de nous, fuguer, etc.

Pour certains parents, il est parfois compliqué de faire autrement et j’ai de l’empathie pour ces parents qui veulent changer et ont commencé à s’informer et se former en parentalité positive par exemple pour changer et parce que quand on en arrive à taper c’est qu’on est un parent démuni.
Généralement un parent donne des fessées parfois malgré lui, parce ce qu’il est déclenché, il a une blessure masquée par sa colère dont ils n’a pas toujours conscience d’ailleurs, une vulnérabilité qu’il ne veut pas exposer, qui se cache sous cette colère.

Et puis il y a parfois une sorte de pression quand on est dans un lieu public : On peut se sentir jugé par les autres, on a le sentiment d’élever un sale gosse, un enfant capricieux, qui fait ce qu’il veut, nous mène par le bout du nez. Et beaucoup de parents sont dans la réaction impulsive plutôt que la gestion saine de la situation.

Alors si tu es convaincu(e) que la fessée c’est de la violence et que tu aimerais en sortir, je t’encourage et je ne suis pas là pour te juger, parce qu’on a tous des moments où on se trouve sous l’emprise de la colère, même si tout le monde ne donne pas de fessée dans ces moments là, mais j’ai de l’empathie pour ces parents là. Il m’est arrivé à moi aussi de réagir sous le coup de la colère, pas toujours de la meilleure façon vis à vis de Luce en disant des choses blessantes et injustes que je n’aurais pas dû lui dire. Dans ces cas là, la meilleure chose à faire est de présenter nos excuses à nos enfants.

Par contre, j’ai beaucoup moins d’empathie pour les parents qui continuent à donner la fessée de manière volontaire malgré tout ce que l’on sait aujourd’hui sur toutes les formes d’expression de la violence d’autant que les informations sont vraiment accessibles.
En tant qu’adulte, en tant que parent, quand on se résigne à la force et que l’on est incapable de faire preuve d’empathie et de trouver un meilleur moyen de communiquer avec nos enfants, on a la responsabilité de se faire aider.

Quel enseignement fait-on passer à nos enfants en tant que parent en donnant des fessées ?

Quand notre enfant a besoin de motivations externes pour faire ou ne pas faire quelque chose (que ce soit une punition, un châtiment corporel, ou même une récompense), ou qu’il a besoin de la validation de ses parents pour savoir ce qui est bien ou mal, il lui est difficile de bâtir son propre bon jugement et libre-arbitre.

Donc admettons qu’on lui donne une fessée parce qu’il a pris le jouet d’un autre enfant, ce que l’enfant retient c’est :
“si je prends un jouet, je vais avoir mal” et non pas “prendre le jouet des autres sans demander, c’est blessant pour l’autre enfant”

Donc, comment notre enfant réagit par la suite :

  • soit l’enfant va faire ou ne va pas faire certaines choses par peur de la réprimande et non pas parce qu’il comprend les conséquences morales ou les valeurs qu’il y a derrière,
  • soit il va commencer à faire des choses “en douce” quand ses parents ont le dos tourné ou ne sont pas là…
  • Et il va certainement ruminer sa vengeance pour l’injustice subie ou se renfermer et perdre l’estime de soi
    Et bien entendu quand maman ou papa n’est pas là, il ne va certainement pas prêter son jouet ou dire bonjour…

Dans notre histoire, de nombreuses personnes opprimées se sont levées pour défendre leurs droits : A une certaine époque l’esclavage était monnaie courante par exemple et a heureusement été aboli dans nos pays…

Mais nos enfants, eux, n’ont pas la possibilité de se défendre et c’est certainement pour cette raison que la violence fait encore partie de leur vie quotidienne encore aujourd’hui en France et dans bien d’autres pays… et quand ils piquent une crise pour éliminer leur stress, ils subissent la double peine, souffrance-fessée.

Merci de partager cet article avec les parents de ton entourage pour qu’ensemble nous puissions mettre du zen dans les familles et éliminer la violence dans ce monde 😉

Si tu veux aller plus loin et sortir définitivement du rapport de force avec tes enfants et créer une belle relation basée sur l’amour avec eux, je t’invite à rejoindre les membres du programme parent & enfant zen en cliquant sur ce lien : Présentation du programme Parent & Enfant Zen

Cet article a 6 commentaires

  1. Fabienne

    Super article, pleins de bons arguments.
    Par contre je suis triste de te l’apprendre mais on a annulé la loi contre la VEO en fait 🙁
    Des sénateurs/députés se sont unis pour saisir le conseil constitutionnel qui ont jugés que ca n’avait rien à voir avec la loi sur l’égalité … Et donc pouf annulée. Oui voilà contre quoi s’élevent nos représentants… Tristesse…

    1. Cécile

      merci Fabienne, oui Aurélie qui suit le blog me l’a aussi dit… des pays comme la Suède ont voté cette loi depuis 1979, on est un peu à la traîne… cet article a d’autant plus de raison d’être. Et même si la loi était adoptée un jour (ça va bien finir par arriver) personne ne va aller surveiller les familles sur son application (heureusement ceci dit;)) donc je vote pour aider les parents à prendre leurs responsabilités…

  2. grassin

    tout ça est une gigantesque connerie à l’image de ce que nous pond le gouvenement chaque jour ! une fessée, ou une claque n’ a jamais été cause de dereglements de l’enfant, au contraire ! si le gens des années 60 etaient aussi responsables et respectueux des autres c’est parce qu’on ne leurs avait pas “fait leurs 4 volontés” et que la fessée ou la claque etaient la limite à ne pas depasser !

    1. oscar2000

      j’ajoute que quand on recevait une fessée, on savait très bien pourquoi, et il ne venait à l’idée d’aucun enfant de se plaindre. par exemple, quand au cm2 nous recevions des coups de chevalière du maître sur le crâne, pas un enfant ne se plaignait à ses parents, et pas un parent n’allait protester auprès du maître (fin des années septante, début des années huitante).
      en passant, j’aimerais bien voir quelqu’un qui me ferait une remarque sur ma manière d’éduquer aujourd’hui mes enfants, y compris dans la rue quand c’était nécessaire, j’aurais ainsi l’occasion de lui faire comprendre que ses idées niaiseuses n’ont pas prise sur tout le monde.

    2. Cécile

      Bonjour Grassin

      Et bien malheureusement la science nous dit le contraire. Et bien souvent les personnes qui ne connaissent pas l’éducation positive la confondent avec le laxisme. Ne pas frapper son enfant ne signifie pas tout lui laisser faire. L’éducation positive est le juste milieu entre l’autoritarisme et le laxisme. L’enfant à un cadre car il n’y a pas d’éducation positive possible si les besoins des parents ne sont pas respectés. La différence est qu’on va faire respecter nos besoins sans méthode coercitive, sans violence car c’est possible ! mais il faut apprendre à utiliser les outils alternatif. Si les personnes des années 60 étaient plus responsables et respectueuses c’est justement parce qu’aujourd’hui beaucoup de parents alternent entre autoritarisme et laxisme (punitions, fessées et comme ça ne fonctionne pas on fini par laisser l’enfant faire ce qu’il veut donc c’est une oscillation permanente entre les deux systèmes). La vie des familles était également complètement différente, difficile d’éduquer des enfants comme il a plus d’un demi siècle alors que plus rien n’est pareil aujourd’hui…. beaucoup de personnes disent aujourd’hui que les enfants sont mal élevés, pourtant les études prouvent que les parents ont autant recours aux punitions et à la fessée qu’il y a 2 générations !

  3. Rider7

    Si je peux me permettre, faire l’analogie entre fessé et gouvernement est limite constructif pour ce débat…

    “Fait leurs 4 volontés” : alors là aussi je peux vous reprendre car les caprices n’existeraient pas !

    Ce que je peux en dire de sure car c’est du vécue, ma fille de 4 ans test et use ma compagne pour arriver à ses fins alors que dès le départ c’est perdu d’avance car son désir est irraisonné, alors qu’avec moi elle n’essaye même pas.
    La différence entre ma compagne et moi ? Je dit stop et tape du poing sur la table avec une fessé plus souvent, se créer alors une crainte chez ma fille qui automatiquement lui rend service dans le sens où elle n’essaye pas, conclusion : en étant stricte, ma fille réfléchi intelligemment à un désir qui n’est pas raisonnée puisqu’elle sait d’avance qu’avec moi pas la peine d’essayer, alors qu’avec ma compagne, elle use de tous stratagème. Exemple qui me vient à chaud : le doudou la journée alors que la règle établie depuis des lustres se cantonne au doudou la nuit, à 4 ans, entre le pouce et le doudou, on est en droit en tant que parents de commencer à mettre des limites tout doucement car à l’école sa ne passera plus.

    Maintenant, on aimerait tous ne pas à devoir violenter nos enfants, car oui, une fessée cela reste de la violence, sauf qu’usuellement il est très compliqué de s’en passer, à plusieurs reprises mes enfants enlever leurs ceintures de sécurité en voiture, après mainte explication, la fessée a réglé le soucis. Et pourtant je trouve très sauvage de se retourner et de taper sur la cuisse d’un enfant pour se faire respecter en évitant un drame…

    En revanche, je suis tout à fait d’accord sur le fait que les enfants peuvent plus tard se rebeller car la force appelle la force; mais, je pense qu’en grandissant, l’enfant se canalise et comprends plus de chose oralement, et puis l’amour apporté par les calins, les bisous et toutes autres tendresse permet de créer une symbiose que n’aurait pas une famille avec des comportements essentiellement tournées vers la soumission et la violence.

    Lorsque punir un enfant dans sa chambre ne fonctionne plus, et cela m’est arrivé plusieurs fois, c’est lorsque justement j’avais exclu la fessée pendant des mois, mon plus grand se mettait alors lui même ses claques, autant vous dire que dans ces moments là on se demande vraiment s’il ne serait pas plus simple de stopper le délire de l’enfant, je reprends souvent l’expression “remettre les idées en place”, et effectivement, cela à fonctionner, depuis il n’a plus recommencé.

    J’ai des arguments par l’expérience, j’ai aussi mon côté philosophique pour mener à bien une éducation sans violence, mais certaines situations de conflits ne le permettent malheureusement pas.

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