crise de colere enfant

Comment aider nos enfants à apprendre la frustration ? Quand nos enfants ne supportent pas de perdre ou se sentent lésés et qu’ils piquent une crise de colère, comment réagir ?

Quand la frustration engendre la colère, on se sent démunis et on veut que ça cesse rapidement parce que la colère est une émotion forte et stressante.

La colère est difficile à supporter parce que :
– Face à la colère la plupart des gens tournent le dos
– La colère fait peur parce qu’on sait que l’on peut dire ou faire des choses que l’on regrette ensuite
– La façon d’exprimer la colère provoque parfois des dégâts autour de soi : rejet, ressentiment, séparation

La colère c’est quelque chose de normal, qu’on soit enfant ou adulte, on est tous confrontés tous les jours à des frustrations, à des situations qui nous irritent. Il y a pas des personnes en colère et d’autres qui ne le sont pas, c’est juste que chaque personne est à un stade différent dans sa façon de la gérer.

Chez certaines personnes, la colère va prendre la forme de cris, de hurlements, parfois c’est de l’agressivité verbale ou physique, ça c’est la colère qui est généralement la plus visible mais il y a d’autres formes d’expression de la colère plus “passives” : par exemple quand on compare nos enfants entre eux, quand on les humilie, le fait d’exclure quelqu’un ou de favoriser un autre, de sermonner, d’être cynique… tout ça ce sont des expressions de la colère.

Et chez les enfants qui n’ont pas encore la maturité au niveau de leur cerveau pour gérer leurs frustrations, la façon naturelle d’exprimer leur colère, c’est de pleurer, de crier, de se jeter par terre quand ils sont submergés par leurs émotions, par ce qu’ils ressentent. Donc c’est quelque chose de normal, de naturel et même si ce comportement extrême est difficile à supporter pour nous, il faut se dire que c’est difficile à vivre pour nos enfants aussi. C’est donc plutôt sain de laisser nos enfants exprimer ce qu’ils ressentent.

Et l’une des meilleures façons de les aider au moment où ils piquent une crise, c’est de rester à leur côté sans chercher à les consoler à tout prix et sans les isoler, sans leur dire d’aller dans leur chambre parce que ça ne ferait qu’empirer la situation. Ce que l’on cherche à faire c’est à montrer à nos enfants qu’on les comprend, qu’on est là pour eux dans ce moment difficile en gardant notre calme.

Pour donner une image, c’est un peu comme le job d’un pompier quand il y a le feu… Est-ce qu’ils se baladent avec des allumettes et du combustible pour alimenter l’incendie ? Non bien sûr, ils mettent en marche leur lance à incendie…
Notre lance à incendie à nous les parents pour aider nos enfants à s’apaiser, c’est l’empathie, l’écoute et le calme.
Pourquoi ? Parce que quand on laisse nos enfants exprimer ce qu’ils ressentent, et résoudre les problèmes par eux-même quand ils sont prêts, on leur donne les clefs pour apprendre à s’auto-réguler.
Et de toutes façons, si on ne laisse pas nos enfants exprimer ce qu’ils ressentent, ça ressort à un autre moment dans leur façon de se comporter (les colères se répètent et s’intensifient ou nos enfants sont angoissés…)

Est-ce qu’on doit laisser nos enfants gagner à tous les coups ?

Poser cette question revient à se demander si on doit éviter de faire vivre des frustrations à nos enfants pour les protéger et éviter les crises… Non bien sûr, ce que l’on veut c’est aider nos enfants à accepter la frustration et pour pouvoir accepter la frustration, il faut d’abord y être confronté.

L’âge des enfants compte bien sûr, plus ils sont jeunes plus on devra adapter les règles et les rendre plus flexibles pour que le jeu reste une fête et éventuellement les laisser prendre le dessus. Au fur et à mesure qu’ils grandissent on peut ajouter des difficultés pour les confronter à la frustration et surtout pour leur donner le goût de faire des efforts pour obtenir ce qu’ils souhaitent.

L’enjeu : Vouloir gagner à tout prix ?

On vit dans un monde où la compétition, le fait de gagner, d’avoir du succès sont mis à l’honneur, nos enfants sont exposés à ça toute la journée et ce n’est donc pas facile pour nos enfants qui en plus n’ont pas encore la maturité nécessaire pour prendre du recul.

Personnellement j’aime les challenges, la compétition quand ça reste bon enfant, parce que ça nous force à sortir de notre zone de confort et donc à progresser… et j’ai envie de partager ça avec ma fille. Comment en même temps lui enseigner è accepter d’en baver parfois sur le chemin et de ne pas toujours obtenir les résultats que l’on souhaite, comment lui donner la motivation nécessaire pour persévérer quand un obstacle se présente ou parfois lâcher prise… bref, comment aider mon enfant à passer le cap de la frustration ?

Voici quelques astuces pour nous aider à contre-balancer le “il faut absolument gagner pour être heureux”.

5 astuces pour aider nos enfants à gérer leur frustration

Astuce #1 : Être attentifs à notre propre comportement de parent

Si on est nous même dans le “gagner pour gagner”, ça n’aide pas nos enfants parce qu’on est leur premier modèle. Au contraire montrer qu’on est vulnérable, que parfois on réussit, souvent on rate et que quand on rate, ce n’est pas grave, c’est juste une étape parce qu’on a appris quelque chose. Leur montrer que même quand on réussit à atteindre ce que l’on souhaite, on continue à apprendre parce que c’est ça qui nous enrichit…Et puis montrer à nos enfants que le chemin en lui-même pour atteindre un but est tout aussi voire plus amusant que le fait de gagner.

Concrètement, les comportements qui aident à transmettre ces principes de vie c’est par exemple :

  • Lire des livres en présence de nos enfants plutôt que de rester scotchés devant la télé
  • Faire de notre mieux lors d’une épreuve sportive et dire qu’on est super content d’avoir participé et s’entraîner régulièrement
  • Lors d’une balade ou randonnée en famille, rendre le parcours amusant sans se focaliser sur le but de destination à atteindre.
  • etc.

Astuce #2 : Féliciter… le perdant

Quand vous jouerez la prochaine fois, félicitez le perdant ! Célébrez le fait qu’il ait participé et faîtes-lui une super fête !
Wouhou, bravo à Manoa qui a participé dans le jeu et a joué avec nous !

et on le soulève, on le prend dans les bras, on le fait tourner… bref on le met sur un piédestal en favorisant le contact physique et le lien entre nous 😉

Astuce #3 : Créer notre rituel d’avant jeu

Aux jeux olympiques il y a le credo :
« Le plus important n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie ce n’est point le triomphe mais le combat ; l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu ». ( source : Wikipedia )

Quand on fait un jeu en famille, on peut très bien imaginer créer notre phrase rituelle à prononcer ensemble, notre credo, notre “cri de guerre ludique” à scander avant que le jeu commence, par exemple :

“On va jouer à (nom du jeu), c’est un jeu difficile. il y aura 2 gagnants et 1 perdant. La règle c’est : Les 2 gagnants doivent faire 3 tonnes de câlins au perdant… ”

Bien entendu on peut changer régulièrement la règle et le dénouement du jeu, demander à nos enfants ce qu’ils pensent faire pour le perdant.

Astuce #4 : Inverser les rôles et être le mauvais perdant

Au moment où c’est notre tour de perdre en tant que maman, on peut aider en inversant les rôles, on se jette sur le canapé en boudant “” ouiiiiinnn je supporte pas de perdre… j’ai besoin d’aide… je suis en colère ouinnn”

Astuce #5 : Jouer à des jeux coopératifs

Le Jeux Coopératifs sont des jeux qui encouragent le travail d’équipe, la résolution des problèmes de façon créative, et qui montrent que chacun peut gagner.

Les règles de bases :
– Tout le monde joue, personne n’est exclus
– Personne ne ressort blessé
– Tout le monde s’amuse
– Tout le monde gagne

Un exemple de jeu coopératif : le Programmateur de robot

Se joue à 2 personnes minimum : L’un est le Programmateur, l’autre est le Robot. S’il y a plus d’enfants, ce sont les “Bippers”

Lister des tâches à faire accomplir au robot, par exemple :
– Allumer la lumière
– Verser de l’eau dans un verre
– Aller livrer un objet à quelqu’un
– Ouvrir une porte… etc.

Le programmateur doit donner des actions simples, claires et précises au robot qui les exécute : Lève le bras droit, plus haut, plus bas, tourne à gauche, avance de 4 pas, etc.

Le(s) bipper(s) sonne(nt) quand les instructions sont trop vagues ou trop longues : exemple, va jusqu’à la cuisine et ouvre la porte…

Amusez-vous bien 😉

Dans cette vidéo je réponds à la question de Frédérique, merci à toi !

“C’est pour le moment à propos de Manoa, mon “grand” de 6 ans.
Petit souci de grosses colères… il pique une véritable crise lorsqu’on joue à un jeu et qu’il commence à perdre…. il s’en va et se jette sur le lit ou par terre, en tapant des pieds et en hurlant. J’essaie de le calmer, je le prends dans mes bras, ou je me mets à côté de lui, en lui parlant, mais il a énormément de difficulté à se calmer.
Il fait pareil s’il a l’impression d’être lésé, par rapport à son petit frère par exemple.
Et comme ça peut durer longtemps, parfois je m’énerve et je lui dis d’aller dans sa chambre pour se calmer, mais ça ne fait qu’empirer…. en fait le simple fait de lui parler fait empirer les choses!
Je suis démunie face à ce comportement, et ça m’inquiète un peu pour le futur, s’il ne peut pas supporter cette frustration, ça risque d’être très difficile pour lui!
Aurais-tu une idée à ce sujet?
Merci Cécile, et passe un bon week-end!
Frédérique”

Dîtes-moi dans les commentaires, quelles sont vos expériences et difficultés par rapport aux frustrations de vos enfants

A vous de jouer !

Cecile

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