Les fameuses crises de colère… quel parent ne cherche pas à les éviter ? Parce qu’il est vrai que voir notre enfant crier, hurler ou même se rouler par terre n’est pas ce qu’on peut appeler un plaisir … Mais la colère est-elle vraiment une « mauvaise » émotion qu’il faut supprimer à tout prix ? Pourquoi est-elle si mal acceptée dans notre société ? Et surtout comment la gérer efficacement ?

Je te propose de décortiquer cette émotion et de voir ensemble pourquoi la colère n’est pas si mauvaise et comment on peut la gérer en douceur.

enfant colérique

La colère, une émotion mal aimée

L’émotion de la colère est toujours saine

Si la colère est souvent très mal perçue, c’est que l’on a tendance à confondre l’émotion et sa manifestation. L’émotion en elle-même, quelle qu’elle soit est toujours saine.

La colère a pour but de nous signaler qu’un de nos besoins n’est pas satisfait. Plutôt cool comme message ! C’est d’autant plus intense chez les enfants parce que leur cerveau préfrontal immature ne prend pas forcément le relais. Lorsque l’un de leurs besoins n’est pas satisfait, ils vont directement basculer sur l’émotionnel sans possibilité de se raisonner.

Leur cerveau primitif dit reptilien peut même prendre le dessus et considérer ce qui se passe comme une agression et réagir en conséquence.

C’est la façon dont la colère se manifeste qui pose problème

Chez l’adulte bien sûr, la capacité à raisonner quand un de nos besoins n’est pas satisfait est plus importante que chez l’enfant. Et pourtant, nous avons beau avoir un cortex préfrontal beaucoup plus mature, il nous arrive aussi de nous emporter !

Le vrai problème c’est quand la colère se manifeste par des comportements agressifs envers les autres (ou envers soi-même). Et c’est bien parce que la colère peut se transformer en agressivité qu’elle est si mal perçue !

As-tu déjà vécu cette scène commune ?

Imagine…

Que se passe-t-il aujourd’hui lorsqu’un enfant exprime sa colère, en particulier en public ?

Comme tout parent, tu as certainement déjà dû vivre cette scène : Ton enfant qui tout à coup se met à hurler, pleurer de rage, exprimer sa colère en plein magasin, à la fête de l’école ou sur la plage… Le cauchemar de tous les parents pas vrai ?

Parce qu’il est rare que les parents arrivent à vivre ce genre de scène avec détachement sans sourciller.

Et ce qui rend ce moment encore plus difficile, c’est bien souvent le regard des autres et le jugement que l’on imagine subir (c’est notre perception d’adulte qui a peur du rejet).

 

Comment réagit la plupart des parents ?

Dans notre société, l’expression de la colère est perçue négativement. Résultat, les parents réagissent majoritairement en la réprimant.

La priorité, c’est de faire cesser la crise à tout prix ! Et pour cela il est courant d’avoir recours aux menaces, à la punition, aux fessées et autres formes d’agression… En gros, on essaie de mettre fin à la colère en se mettant soi-même en colère...

Et ça ne choque que peu de monde, parce que dans notre société, il  est presque “normal” qu’un adulte dirige sa colère sur un enfant alors qu’un enfant qui exprime sa colère est catalogué de « mal élevé ».

Quelles sont les conséquences de la méthode “classique” ?

 

Une efficacité à court terme très limitée

Que ce se passe-t-il pour l’enfant quand on réagit à sa colère par de la colère ? Que se passe-t-il quand on le contraint à nous obéir ?

Sur le court terme, il arrive que cela fonctionne parce que l’enfant a peur. Mais la plupart du temps c’est inefficace parce qu’un enfant qui vit une tempête émotionnelle comme une crise de colère n’est pas en capacité de se calmer.

Donc bien souvent, le parent se retrouve à « trainer » son enfant et sa crise de furie hors du magasin ou du lieu où il se trouve.

Si tu es déjà reparti du supermarché sans faire tes courses avec un enfant sous le bras et la honte sous l’autre, tu sais parfaitement de quoi je parle ! 😉

Si l’éducation traditionnelle encourage à « sanctionner » la crise de colère, la méthode est pourtant inefficace, en tous cas sur le long terme. Et l’enfant n’en retire aucun apprentissage constructif.

 

Nier les besoins de nos enfants a des conséquences…

Comme on ne lui montre pas la différence entre l’émotion de la colère et la façon dont il m’exprime, il retient que la colère est tout simplement une chose interdite. Que la ressentir c’est mal…

Pourtant, comme nous l’avons vu, la colère est un système d’alarme essentiel. Elle nous prévient que quelque chose nous pose problème. Un peu comme un voyant sur le tableau de bord de notre voiture : Est-ce qu’il te viendrait à l’idée de le débrancher pour être “tranquille” ?

Interdire la colère c’est dire à l’enfant de ne pas écouter son système d’alarme. De faire la sourde oreille quand ses besoins ne sont pas satisfaits.

Et plus tard, c’est comme cela que beaucoup d’adultes acceptent bien trop de choses qui vont à l’encontre de leurs besoins. Ne sachant pas mettre de limite ou s’écouter, ils en souffrent parfois jusqu’au « burnout ». D’autres passent à côté de leur vie, faisant passer leurs besoins en dernier pour faire plaisir aux autres.

 

Quand l’expression de la colère n’est pas maîtrisée : BOOM !

Empêcher l’expression de la colère chez l’enfant c’est un peu comme mettre un couvercle sur une cocotte-minute avec l’idée de l’éteindre…

On peut retarder l’explosion mais les émotions sont toujours là. Et la température monte ! On se retrouve avec un enfant qui  « explose » pour autre chose et on ne fait que décaler la manifestation de sa colère.

Du coup, il nous est encore plus difficile de comprendre les raisons de la crise.

Et pour l’enfant la conséquence est qu’il va lui aussi peu à peu s’éloigner de ses propres ressentis. De moins en moins connecté à ses émotions, à ce qu’il resent, il a le sentiment de ne plus se maîtriser.

Et plus tard, qu’est-ce que ça donne ?

Un adulte colérique comme on en connait tous. Quelqu’un qui « dégoupille » sans vraiment savoir pourquoi… Une personne qui ne maîtrise pas sa colère.

 

Oui mais alors comment faire quand nos enfants sont en colère ?

 

L’aider à identifier ses émotions

Notre rôle est d’abord d’aider notre enfant à comprendre ses émotions. Pour cela on peut mettre des mots sur ce qu’il vit : « ho ho je vois que tu es très en colère / que tu es frustré parce que … »

Cela parait évident pour nous les adultes mais pour notre enfant submergé par toutes sortes d’émotions, ce n’est pas toujours aussi limpide.

Apprendre à différencier la tristesse, la colère, la frustration l’aide à mieux se connaitre et à comprendre ses besoins.

Pour nous les adultes ce n’est pas toujours simple non plus d’identifier nos émotions ! On peut confondre la colère et la tristesse par exemple. Quand on a grandi avec une « interdiction d’être en colère », on peut avoir réorienté cette émotion.

Et ne pas savoir distinguer ses émotions, c’est ne pas se comprendre soi-même…

 

Émotions : Soyez les bienvenues, on vous aime !

Ce que l’on souhaite c’est faire comprendre à notre enfant que toutes les émotions sont acceptables. Et donc on accepte l’émotion qui se présente, la colère comme les autres. On peut dire à nos enfants simplement : « Hum, je comprends, c’est difficile ».

L’idée n’est pas d’être dans la plainte mais simplement de faire preuve d’empathie. Quand notre enfant comprend que l’émotion est acceptée, il se sent compris et accepté lui-même. Il comprend qu’il est aimé même lorsqu’il est en colère et ça change tout.

Et accueillir l’émotion bien souvent aide déjà notre enfant à se calmer. Et si on arrive à faire preuve d’empathie, il le ressent.

Pourquoi ?

Parce que nous avons dans le cerveau ce que l’on appelle des neurones « miroir ».

les neurones miroir pour sortir de la colère

Ce sont ces neurones qui nous permettent de comprendre ce que ressens l’autre, merci à eux 😉

Si mes neurones sont confrontés à une personne énervée, je ressens également de l’énervement. Et donc la bonne nouvelle c’est que je peux les utiliser à mon avantage. Si je me place face à mon enfant en comprenant vraiment sa colère, il ressent mon empathie et ses neurones miroir l’aident à s’apaiser 😉

 

Par contre, Agressivité tu ne passeras pas la porte…

On a bien dit qu’on souhaite la bienvenue à l’émotion mais pas à l’agressivité. J’aime mon enfant, j’accepte qu’il soit en colère mais je n’accepte pas d’être frappée par exemple.

Là aussi c’est un apprentissage.

A nous de lui expliquer quelles sont les manières acceptables d’exprimer sa colère. Et il y en a plein !

On peut exprimer sa colère en criant un bon coup dans sa chambre, en frappant un coussin ou une peluche, en dessinant sa colère, en demandant de l’aide pour se calmer (avec un câlin par exemple).

 

Incarner par l’exemple

Ma phrase mantra c’est : Incarne le changement que tu veux voir dans ta famille… Tout simplement parce qu’être le modèle du comportement que tu veux voir chez tes enfants est le meilleur moyen de partager tes valeurs et ton message éducatif.

Même si, je te l’accorde, ce n’est pas toujours le plus facile… Mais ton intention de départ est essentielle tu l’auras compris;)

Nos enfants apprennent essentiellement par mimétisme. Il est donc primordial, si on a soi-même des difficultés à gérer l’expression de sa colère, d’y travailler. Que ce soit parce qu’on en maîtrise mal les manifestations ou parce qu’on n’arrive pas du tout à l’exprimer…

Savoir dire « je me sens en colère parce que… » est très sain. Que ce soit pour soi ou pour ses enfants 😉

Un enfant qui voit son parent capable d’identifier sa propre colère, et de l’exprimer de manière saine sans agressivité, apprend naturellement à faire la même chose, magique !

 

En quoi le jeu aide à gérer la colère ?

Le jeu pour prévenir les crises de colère

Tout d’abord on peut utiliser le jeu de manière « préventive ». Jouer avec nos enfants permet de créer une relation de confiance forte avec eux. Dans le jeu, on se place sur un pied d’égalité avec nos enfants, sans enjeu éducatif.

Cela nous permet de nous connecter immédiatement à notre enfant, de capter son attention et de créer des liens indestructibles avec lui.

Quand on joue avec notre enfant, on applique aussi plus facilement l’éducation positive.

L’image que j’utilise souvent, c’est que l’éducation positive est comme le carburant que tu mets dans ta voiture : C’est d’ailleurs le meilleur carburant 😉

Et le jeu, c’est le tuyau pour faire le plein du réservoir d’affection de nos enfants qui leur permet d’être remplis et d’avancer… Sans ce tuyau, c’est un peu comme si tu étais à une station service et tentais de remplir le réservoir directement depuis la pompe, compliqué quand même 😉 C’est donc un outil indispensable.

Et le jeu permet vraiment de sortir des rapports de force entre parents et enfants. Il remplit le réservoir émotionnel des enfants en leur apportant ta pleine attention et affection rapidement.

Et lorsque le besoin d’appartenance de l’enfant est comblé, les crises de colère diminuent considérablement !

 

Le jeu pour sortir de la crise

Jouer avec mon enfant quand il est en colère, c’est bizarre, non ?!

Au contraire, parce que le jeu est le moyen d’expression privilégié de nos enfants.

Quand ton enfant est en colère, c’est son cerveau reptilien qui s’exprime et prend le relais. Il n’est alors que dans des réflexes de fuite ou d’attaque et ne peut plus du tout raisonner. Son cortex préfrontal est hors d’atteinte directe, son cerveau limbique, siège des émotions est envahi d’émotions dîtes “négatives”.

En clair deux parties du cerveau de ton enfant ne fonctionnent plus très bien : Son cerveau reptilien est en mode défense, son cerveau préfrontal est inaccessible.

Comment s’adresser à nos enfants et continuer à communiquer avec eux quand ils sont en colère ?

De cerveau limbique à cerveau limbique !

En jouant avec l’enfant, on s’adresse à ce cerveau limbique, le centre des émotions. Le jeu active des zones correspondant à des émotions dîtes “positives”. Ici on ne cherche pas à le raisonner, on remplace les émotions négatives par des émotions positives.

Ces émotions positives permettent de réduire le taux de cortisol, l’hormone du stress, dans le corps de notre boutchou. Son cerveau reptilien reçoit alors le message suivant : ” Roger, tout va bien, qu’il n’y a plus de danger!”

Grâce au jeu ton enfant sort de sa crise naturellement et retrouve peu à peu le fonctionnement de son cortex préfrontal. C’est grâce au jeu qu’il peut raisonner à nouveau !

Super, mais comment faire concrètement ?

Quand ton enfant est en colère, tu peux par exemple faire quelque chose de loufoque comme te mettre à danser ou parler une langue bizarre.

Si tu pratiques ça pour la première fois, il se peut qu’au début ton enfant te regarde bizarrement en se disant : “Mais qu’est-ce qui lui prend à maman ?!”.

En faisant ça, tu crées une “interruption de pattern”, c’est à dire que tu interromps le processus de la colère qui se transforme. Et tu provoques le rire qui libère des hormones du bien être et aident ton enfant à se réguler.

Nos enfants ont l’instinct du jeu, c’est dans leurs gênes. Donc ton enfant va te rejoindre rapidement dans le jeu si tu ne lâches pas 😉

Que faire si ton attitude amplifie la crise ?

Si ton attitude loufoque amplifie la colère de ton enfant. C’est soit que :

  • Soit parce que ton jeu d’actrice est à ajuster pour que ton enfant ne prenne pas ton attitude pour de la moquerie,
  • Soit parce que la crise est déjà trop avancée…

Dans le premier cas, il te suffit de rediriger l’interruption de pattern sur un sujet tiers. Par exemple prendre une peluche  ou une cuillère en bois ou tout autre objet que tu as sous la main, avec qui tu as cette conversation bizarre plutôt que de t’adresser à ton enfant.

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Et maintenant à toi de jouer 🙂

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