il renverse et casse tout

Il renverse son verre, casse ce qu’il touche, il est brusque… Comme un éléphant au milieu d’un magasin de porcelaine, un enfant maladroit maîtrise mal ses mouvements, à tel point qu’on a parfois l’impression qu’il le fait exprès.

Si vous avez plusieurs enfants, vous avez certainement pu constater qu’ils acquièrent la motricité chacun à un rythme différent. Certains sont très agiles et à l’aise avec la motricité dès leurs premiers mois et pour d’autres ça vient un peu plus tard… Et c’est assez logique parce que nos jeunes enfants ont beaucoup de nouvelles compétences à intégrer simultanément.

Ma fille, par exemple, s’exprimait clairement dès l’âge de 2 ans avec un vocabulaire riche mais pour descendre un trottoir haut de quelques centimètres c’était compliqué… Elle avait peur et s’asseyait la plupart du temps. Dans les aires de jeux, des enfants de l’âge de 2 à 3 ans avaient déjà gravis les marches du toboggan et glissé deux fois d’affilée avec facilité quand elle n’en n’était qu’à la 3ème marche de son premier tour alors qu’elle avait deux ans de plus qu’eux…

La coordination des mouvements, qui intervient dans l’adresse, est le fruit du travail simultané de plusieurs fonctions :

– la perception visuelle
– l’ouïe
– la tension musculaire
– la concentration
– l’équilibre
– la perception du corps dans l’espace
– le tonus musculaire
– la motivation
– la concentration…

Pour nos enfants, en phase d’apprentissage de la psychomotricité, ça fait beaucoup de fonctions à maîtriser en même temps. Du coup, ce que l’on qualifie de “maladresse” ne commence souvent à s’arranger que vers l’âge de 8-9 ans.

Ne désespérez pas en lisant ces lignes, nous allons voir un peu plus bas les jeux que nous pouvons pratiquer avec nos enfants pour les aider à progresser 😉

Que peut-on attendre de nos enfants en fonction de leur âge ?

Voici quelques indications de l’âge moyen constaté pour l’acquisition de ces compétences :

  • Boutonner, déboutonner un gilet : 4 ans
  • S’habiller tout seul : 4,5 ans
  • Faire du vélo avec de petites roues : 4,5 ans
  • Découper une feuille avec des ciseaux : 4,5 ans
  • Colorier une forme sans dépasser les lignes : 4,5 ans
  • Dessiner un carré : 5 ans
  • Rester en équilibre sur un pied pendant 15 secondes : 5 ans
  • Sauter en rythme : 5 ans
  • Taper son index et son pouce de façon répétitive : 5,5 ans
  • Faire ses lacets : 5,5 ans
  • Écrire son nom et son prénom : 5,5 ans
  • Faire du vélo sans aide : 6 ans
  • Beurrer une tartine : 6 ans
  • Dessiner un cube en 3 dimensions : 12 ans

Bien évidemment ce ne sont que des indications … Ne nous alarmons pas si notre enfant n’a pas acquis la compétence en question à l’âge indiqué 😉 Certains enfants ne maîtrisent parfaitement le fait de bien faire ses lacets qu’à l’âge de 8 ans. Quant à moi, j’ai certainement de gros progrès à faire au niveau motricité fine 🙂
Donc c’est important de se dire qu’on a tous des forces et des faiblesses qu’on soit enfant ou adulte.

Comment aider nos enfants à acquérir une meilleure coordination

Encourager nos enfants et éviter de leur coller l’étiquette “enfant maladroit”

Un enfant qui n’est pas à l’aise avec la motricité peut vite perdre confiance en lui si, à chaque fois qu’il fait un mouvement et renverse quelque chose il est montré du doigt, critiqué ou s’il est systématiquement qualifié de “maladroit”.
Et puis quand nos enfants prennent conscience de “ce dans quoi ils sont bons et moins bons”, leur répéter qu’ils sont maladroits ou en faire l’objet d’une conversation avec un autre parent par exemple, ne les aide pas à s’ouvrir aux autres. Difficile aussi pour eux d’aller jouer avec d’autres enfants plus agiles…
Il est logique qu’un enfant soit maladroit puisqu’il est en phase d’apprentissage. Ce qu’on appelle “maladresse” n’est souvent qu’une étape normale d’apprentissage du contrôle de ses mouvements et de son corps. Il faut du temps pour que cet apprentissage se fasse. Un enfant dit “maladroit” est avant-tout victime de sa maladresse.

Valider qu’ils n’ont pas un problème physique

Un problème de vue par exemple peut occasionner des maladresses. Donc consulter un ophtalmologiste peut être une clef.

Limiter les risques avec quelques précautions de bon sens

Le cas du verre renversé ou cassé :

  • Si notre enfant a du mal à tenir un verre sans le renverser, privilégier les petites quantités de boisson et le resservir plusieurs fois quand il a bu plutôt que de lui servir un verre plein…
  • De la même façon éviter de placer le verre au bord de la table…
  • Quand notre enfant boit ou mange, éviter de le distraire en lui parlant ou de lui poser une question pour qu’il puisse rester concentré sur sa tache et garder sa boisson dans son verre et ses aliments dans sa cuillère 😉
  • Demander à notre enfant de tenir son verre avec ses deux mains.
  • Positionner le verre du côté gauche de l’assiette si l’enfant est droitier et droite si l’enfant est gaucher et lui enseigner à soulever son verre pour prendre le plus court chemin par dessus l’assiette jusqu’à sa bouche. Au pire le contenu se renversera dans l’assiette 😉

Certaines de ces astuces paraissent évidentes, mais je parle d’expérience de maman !

Le cas du “je saute et je me cogne partout” :

  • Contrôler ses yeux, pour s’assurer que notre enfant n’a pas un problème de vue
  • Rendre votre espace de vie le plus minimaliste possible…
  • Pratiquer des jeux de contacts physique et les jeux qui permettent à nos enfants de sauter sans se faire mal. Trampoline sécurisé par exemple.

Impliquer nos enfants dans le nettoyage

Leur demander de nous aider à nettoyer quand ils renversent quelque chose ou de nous aider à réparer quand ils cassent, si ce n’est pas dangereux bien sûr, contribue également à les motiver pour progresser.

Doit-on s’inquiéter de la maladresse de son enfant : Le cas spécifique de la dyspraxie

Une parenthèse sur la dyspraxie, qui est un un dysfonctionnement cérébral qui touche la praxie (le geste) et qui rend les enfants pathologiquement maladroits.
Selon le haut comité de santé publique 5 à 7% des enfants de 5 à 11 ans ont des soucis de coordination importants qui les freinent dans leurs apprentissages et souvent on ne s’en rend compte que lorsqu’ils entrent à l’école et qu’il sont en difficulté.

Un enfant qui souffre de dyspraxie n’arrive pas à automatiser ses gestes et il en résulte des difficultés motrices comme par exemple :

  • Utiliser des instruments pour colorier, des ciseaux pour découper, utiliser un compas ou une règle
  • S’habiller : Mettre un vêtement à l’endroit, boutonner un pantalon, fermer une fermeture éclair, faire ses lacets et écrire manuellement.
  • Assembler les pièces d’un jeu de construction ou d’un puzzle…

Un enfant qui souffre de dyspraxie paraît maladroit et fainéant alors qu’il déploie au contraire des efforts énormes pour faire des gestes simples pour d’autres enfants du même âge.

Pour plus d’informations sur cette pathologie, vous pouvez consulter le site de Fédération Française des Dys

Les jeux et activités pour favoriser la coordination

Les jeux physiques et jeux d’équilibre aident évidemment énormément un enfant qui n’est pas à l’aise avec la motricité.

Des activités comme la danse classique et les arts martiaux et toutes les activités qui permettent de mieux contrôler son corps et son mouvement dans l’espace aident également.

Danse-classique-activite-enfant-maladroit

 

Et puis jouer au dominos et faire des puzzles est également un must pour améliorer la perception visuelle et la coordination.

Sauter à la corde pour les enfants de plus de 6 ans permet d’améliorer la coordination mains-yeux-pieds.

Avec un bébé

Comme nos bébés dorment sur le dos, c’est important de faire en sorte qu’ils passent un peu de temps sur le ventre quand ils sont réveillés.
On peut par exemple interagir avec eux pendant 2 minutes plusieurs fois par jour en les mettant à plat ventre sur nous lorsque nous sommes allongés sur le dos idéalement avant un repas pour éviter le reflux…

Avec un bébé qui peut tenir assis, s’amuser à se faire rouler une balle aide.

A partir de l’âge de 2 ans

  • Faire sauter de petits objets sur une grande serviette que l’on tient avec eux
  • Se lancer un petit ballon mou
  • Jeter des boules de papier dans une poubelle ou dans un grand carton
  • Utiliser des pinceaux pour peindre
  • Marcher sur des cousins de différentes tailles pour appréhender l’équilibre
  • Lancer une balle plus ou moins fort
  • Jouer à la marelle

Cet article est dédié à Élodie qui m’a posé la question suivante :

“Ma fille de 4 ans est très maladroite : Elle renverse, casse , elle est brusque… comment faire?
  je lui dit de faire attention mais hop c’est à terre”

Et vous, quelles astuces avez vous envie de partager pour que nos enfants soient moins maladroits ? Dîtes le dans les commentaires 😉

A vous de jouer !

Cecile

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Cet article a 8 commentaires

  1. BAHINGANA Deina

    je n’ai pas encore d’enfant, mais j’essai deja de comprendre le comportement des enfants pour mieux m’en sortir une fois que je serai maman.
    dans se genre de situation, je pense qu’il serai mieux de rassurer votre enfant sur le fait qu’il soit capable de tout tout faire, ne le comparer sur tout pas aux autres, qu’il y arrivera quand i sera pret. aider le a avoir confiance en lui.

  2. EdM

    Il faut surtout faire attention de ne pas lui coller l’étiquette “maladroite” car sinon elle va tout faire pour être comme papa et maman disent, c est à dire maladroite….Des fois un changement de langage ou de regard de notre part peut changer bcp de choses…..

  3. Henry d'Aulnois Perrine

    Bonjour,
    comme vous l’évoquez, il s’agit souvent d’un “manque à gagner” au niveau psychomoteur, et souvent cela vient du fait que le programme moteur n’a pas pu s’effectuer pleinement afin que les réflexes archaiques s’integrent pour un raccordement nerveux optimal
    Sur le site reflexes.org il y a un livret d’activités d’intégration motrice téléchargeable gratuitement
    On y trouve des dizaines de jeux et de mouvements pour les petits et les grands afin d’intégrer les réflexes et se libérer des mouvements parasites qui nous encombrent au quotidien.
    je reste à dispo pour toute info complémentaire
    et bravo pour ce que vous faites, c’est vraiment super 🙂
    Perrine

  4. Fred

    C’était juste super de faire une a parte concernant la dyspraxie, qui est une pathologie à part entière et doit être prise en charge. Sinon, de mon point de vue, juste faire confiance aux enfants et leur faire prendre confiance en eux! 😉

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