Loufoque

L’un des basiques de la parentalité par le jeu c’est de prendre le rôle du plus “faible”, d’adopter une attitude loufoque et de se laisser guider par le rire lorsque l’on joue avec nos enfants ou que l’on veut qu’ils fassent ce qu’on leur demande de faire sans crier 😉

Être le “maillon faible” n’est pas forcement naturel pour nous les parents, parce que nous avons pris l’habitude d’être aux commandes à la maison, dans notre vie d’adulte. Nous décidons de ce que nous devons faire et de ce que les enfants doivent faire.

Et puis, vous faîtes peut-être partie des parents qui pensent que si vous laissez vos enfants prendre un peu de pouvoir même dans le jeu, vous allez vous faire marcher sur les pieds, qu’ils ne vont pas vous respecter.

Mon avis c’est que pour assumer notre rôle et notre responsabilité de parent, pour aider nos enfants à grandir et à s’épanouir en respectant les autres tout en renforçant leur estime de soi, on n’a pas besoin de montrer nos gros muscles (ou alors on peut le faire dans le jeu…)

Endosser le rôle du plus faible n’empêche pas non plus de poser des limites dans le jeu et en dehors du jeu bien sûr, j’y reviendrai dans une prochaine vidéo.
Personnellement je n’ai pas beaucoup de muscles donc le problème est réglé d’avance, hehe 😉

Cela peut paraître surprenant, mais en jouant avec nos enfants notre autorité naturelle se construit parce qu’on leur montre qu’on est capables de se mettre à leur portée. D’ailleurs, lorsque vous jouez avec vos enfants, vous avez dû constater comme moi, qu’ils coopèrent ensuite sans que vous ayez à répéter 10 fois les mêmes choses pour vous faire entendre.

Provoquer le rire et le suivre

Personnellement, j’assume complètement l’enfant qui est en moi, et ce même en public…

Quand ma fille sera ado, ou peut-être même avant, il se peut qu’elle me dise : “maman, tu me fais trop la honte ! ” et peut-être qu’ à ce moment là, j’arrêterai mes pitreries… ou pas 🙂

Je pense qu’il est bon de garder cette fraicheur d’enfant alors même que notre quotidien d’adulte n’est pas toujours rose. Et puis, adopter une attitude loufoque est un excellent fil conducteur que vous pouvez suivre pour:

  • Apporter plus de joie et de légèreté à la maison
  • Vous déstresser avec vos enfants
  • Provoquer leur rire et le vôtre
  • Désamorcer des situations potentiellement problématique comme par exemple lorsque votre enfant se braque et refuse de faire quelque chose
  • Aider vos enfants à évacuer leur trop plein d’émotions grâce aux rires… et aux larmes
  • Créer un lien fort avec vos enfants

5 exemples de jeu et d’attitude loufoque

Dans ces exemples, je vous invite à mettre votre fierté au placard au moins pendant le temps d’un jeu…

Être celui ou celle qui rate… au dernier moment

Vous casser la figure de manière spectaculaire, trébucher sur le tapis ou embrasse un mur ou un poteau alors que vous étiez sur le point d’attraper votre enfant lorsque vous jouez à chat ( ou trappe-trappe).

Cela marche encore mieux si vous avez pris le dessus au début et que votre enfant fait tous les efforts pour vous échapper…

Perdre à un jeu après avoir bien bataillé avec vos enfants

Le but est de bien jouer pour mettre votre enfant au défi mais de le laisser gagner à la fin

Inverser les rôles pour revisiter un échange avec votre enfant

un exemple frais…
En voiture, alors  pour un trajet de plus d’une heure et au bout d’une heure, ma fille m’a dit le classique : maman quand est-ce qu’on arrive… ? vous voyez ce que je veux dire. Plutôt que de répondre on vient de partir…
j’ai cherché un jeu auquel on pourrait jouer : On joue à je suis ton enfant et tu es ma maman ?
Ok
maman j’en ai marre quand est-ce qu’on arrive !!! en insistant
puis j’ai faiiimm en prenant cet air
et là j’ai eu droit à une maman qui essayait de trouver toutes les solutions possibles et imaginables pour trouver des occupations. on a fini par compter les feuilles des arbres…
Plus vous prenez cet air loufoque, plus vous amplifiez la situation

Laisser votre enfant vous transformer en machine foldingue…

Votre enfant est aux commandes, il appuie sur un bouton (votre nez, votre bouche, votre coude, etc) et à chaque fois vous changez de comportement et devenez incontrôlable

Laisser votre enfant choisir son jeu et obéir à ses désirs

Dans ce jeu, on fixe une limite de temps, par exemple 10-15 minutes avec un minuteur et on donne carte blanche à notre enfant. L’idéal est de pratiquer ce jeu en tête à tête. Si vous avez plusieurs enfants établir un tour de rôle.
L’idée est de laisser votre enfant choisir ce qu’il souhaite faire avec vous ou ce qu’il souhaite vous faire faire. Si ce n’est pas dangereux, jouez le jeu à fond.

Quand viennent les pleurs
il est fort possible qu’après avoir joué avec vous intensément, vos enfants piquent une crise, ou pleurent à vos côtés et c’est très bien… Ces pleurs sont une façon de vider leur sac, d’évacuer les émotions qui les tracassaient.

ATTENTION, certaines images de cette vidéo peuvent choquer… ou pas 🙂

Merci de laisser un commentaire pour me dire si vous être prêt à prendre cette attitude du plus faible ou qu’est-ce qui vous bloque ?

Cet article a 26 commentaires

  1. Elisa

    Je prend note!
    Non pas que ça ne m’arrive jamais, mais peut être pas assez souvent!
    Notre quotidien, la gestion de la maison, du temps entre le boulot les enfants etc. fait qu’on perd facilement ces habitudes.

    On va tacher de se payer une bonne tranche de rire dès que possible!

    1. Cécile

      bonjour Elisa,
      merci de votre commentaire 😉 En prendre conscience est un premier pas pour se dire que cela peut faire partie des priorités pour créer du lien avec nos enfants et du coup revoir un peu notre emploi du temps pour se faire ce cadeau là ne serait-ce que 5-10 minutes sur une journée.
      Merci encore et bonne rigolade en famille 🙂
      Cecile

  2. Estel

    Très chouette votre site! C’est tellement vrai que le jeu et les loufoqueries peuvent tout changer dans la relation aux enfants et l’ambiance à la maison! Je m’y colle de plus en plus souvent…et je ne sais pas à qui ça fait le plus de bien!

  3. genevieve

    Bonjour Cécile! Super ces idées concrètes, je vais jouer plus et encore plus à être loufoque. C’est exactement ce qu’il me fallait des exemples concrets pour jouer et oser être loufoque …me le permettre vraiment, tu m’as donné le feu vert et le déclic pour de bon ;-))) merci pour cet article et cette belle vidéo! Geneviève

  4. Aurelia

    Bonjour a tous,
    merci cecile pour vos bon conseils il est vrai que de jouer avec nos enfants permet de favoriser un relation d échange et renforcer même de souder les liens que l’on crées au fil du temps , et c’est en s’ amusant que l’on apprend, par le bias du plaisir le jeu permet beaucoup de choses, moi même je joue déjà au jeu de rôle avec ma petite fille de 2 ans elle adore et se prend sérieusement au jeu
    Voilà merci.
    Bises

    1. Cécile

      bonjour Aurélia,
      je viens de m’apercevoir que je ne vous avais pas remercié de votre commentaire… donc merci ! vous avez bien résumé ce qu’est le jeu, une relation d’échange, des liens soudés, beaucoup de plaisir donc ça facilite le quotidien et l’apprentissage et une tâche très sérieuse pour les enfants. La bise à votre fille,
      Au plaisir 🙂
      Cecile

  5. Babs Thévenot

    Bonjour Cécile !
    et un grand merci pour cette super vidéo, les exemples et les vraies mises en scènes ! Super idée ! J’adore et je vais la regarder plusieurs fois pour me motiver !
    Pour moi il y a plusieurs choses qui me bloquent pour jouer avec mes enfants: le temps d’abord, car l’emploi du temps de la journée est très chargé…et très souvent je suis calquée dessus au lieu de lever la tête de mon guidon !!
    et secondo: parce que quand on fait les “foufous” dans le lit çà finit 4 fois sur 5 en pleurs et en bagarre entre la fraterie, et bien sûr avec moi ! C’est dommage bien sûr et çà me freine!
    Par contre peu après avoir vu ta vidéo j’ai eu le problème du lavage de dents: j’ai pensé à la vidéo, à la mise en scène et du coup j’ai joué aux marionnettes avec les brosses à dent et du coup, tous les 3 sont venus en riant à la salle de bain s’occuper de leur brosse à dent et donc de leur dents ! C’était génial !! Et du coup, j’ai été inspirée de jouer avec les tubes à dentifrice pour faire durer le plaisir du brossage ! Car avec le jeu, ce brossage était devenu un vrai plaisir !
    Merci donc encore à toi pour ces inspirations !
    Cordialement
    Babs & co

    1. Cécile

      Merci Babs !
      Le manque de temps est un gros frein pour beaucoup de parents…
      Mais si vous prenez conscience de la liberté et du plaisir qu’apporte le jeu dans votre famille comme vous l’avez fait lors du brossage de dents (bravo pour les marionnettes 😉 alors trouver du temps pour le jeu devient beaucoup plus facile. En plus juste quelques minutes suffisent pour créer du lien.
      Merci encore et au plaisir 🙂

  6. Agnès

    Merci pour ce blog plein de fraîcheur et de bonnes idées !
    Le jeu d’inversion de rôles fonctionne super bien avec notre fils de 2ans1/2, par contre sa grande soeur (4ans1/2) a toujours eu beaucoup de mal avec ça……je sens que ça la met en insécurité, elle a du mal en général à comprendre les plaisanteries, elle a du mal à distinguer le vrai du “semblant”, et ne sait pas comment y réagir ( elle me demande d’arrêter en disant qu’elle n’aime pas que je fasse ça )….
    Pourtant elle montre une imagination débordante et s’invente plein de personnages quand elle joue seule ou avec son frère.
    A la longue, j’ai fini par remarquer que je peux me permettre de faire semblant d’être l’enfant ou tout autre personnage, s’il y a dans les parages un adulte qui ne joue pas ( un vrai adulte, pas foufou, sur lequel on peut toujours compter, quoi…)…. là, elle réussit à se prendre au jeu. Avec ses mots à elle, elle a pu me dire qu’elle avait peur que je reste un enfant et qu’il n’y ait plus personne pour s’occuper d’eux. Je me suis rendue compte qu’il fallait que je la rassure +++ pour qu’elle s’autorise à entrer dans ce jeu…J’y suis plus attentive. Sans toutefois la forcer, je ne veux pas renoncer à ce jeu, alors on continue, par petite touche avec elle…et à fond avec son frère !
    Si vous avez d’autres idées pour accompagner les enfants méfiants sur le chemin de l’humour, je suis preneuse !!!!

    1. Cécile

      merci Agnès de votre commentaire 😉

      Vous faîtes bien de continuer à jouer et faire semblant parce que l’humour et sens de l’humour sont des qualités importantes dans la vie qui nous aident à prendre du recul sur les évènements parfois compliqués à gérer et puis qui nous aide à avoir de meilleures relations avec les autres.
      Ces qualités s’acquièrent en pratiquant. C’est comme un muscle il faut l’utiliser pour qu’il fonctionne au mieux et nous sommes le meilleur modèle pour nos enfants. Personnellement je pense qu’on peut pousser gentiment nos enfants quand quelque chose leur fait peur, il faut trouver la limite sans que ça tourne au drame, donc sans insister lourdement mais en réitérant régulièrement.
      Bien sûr, l’idée n’est pas de faire le pitre toute la journée mais d’inclure des petits moments loufoques régulièrement.

      Ensuite vous pouvez essayer un jeu inspiré par Lawrence Cohen “je ne te laisserais jamais partir”, par exemple quand vous passez un moment tranquille ensemble et que vous lui faîtes un câlin en la serrant dans vos bras sur le canapé par exemple (j’aime bien les canapés pour ça), au moment où elle veut se lever vous vous accrochez à elle,”oh non je ne laisserai jamais partir” sur un ton léger et vous vous accrochez à elle quitte à vous laisser traîner pae terre depuis le canapé… voyez sa réaction, est-ce qu’elle se prend au jeu et essaie de se détacher.
      Personnellement je pratique un dérivé de ça avec ma fille, c’est “je suis collée” par exemple quand je lui fais un bisou je fais comme si je n’arrivais pas à me détacher de sa joue ou de son front ou autre. L’idée est de trouver le petit truc doux qui la fait rire. Si elle commence à rire vous êtes sur le bon chemin 😉

      1. Agnès

        Merci Cécile ! Ça reste compliqué avec Maïa, malgré tout….mais j’ai réalisé qu’en général, le jeu de rôles débute très spontanément, sans explications…et c’est peut-être ça qui l’inquiète ?
        Sans doute faudrait-il que je présente le “cadre”, pour la rassurer ? juste lui dire succinctement “si on faisait ce jeu ? je fais l’enfant, tu fais la maman… on peut arrêter de jouer à n’importe quel moment, si tu n’as plus envie… et quand on a fini de s’amuser, tout est comme d’habitude, je suis ta maman, tu es ma fille “………je vous dirai si ça fonctionne mieux…..
        En tout cas, ces derniers jours, on joue au maximum, et ça a permis de désamorcer des conflits très explosifs avec notre fils. Tout ça demande beaucoup d’énergie et d’inventivité, certes…mais jamais autant que l’énergie dépensée à se mettre en colère….. Alors le calcul est vite fait, le jeu, c’est “tout bénéf” pour tout le monde !
        Merci encore…

  7. Jérémy

    J’essaye d’être joueur et loufoque dans mes animations, mais ça ne passe pas toujours bien auprès des adultes, notamment enseignants. Selon eux, j’en perdrai mon autorité d’adulte et les enfants me prendraient pour leur copain… Il y a des clichés qui ont la vie dure. Pourtant, les enfants parlent de moi à la maison, viennent me dire bonjour dans la rue et je n’ai que très rarement besoin de faire les gros yeux. Ils apprennent mieux et sont heureux de prendre part à l’activité proposée. Et je ne trouve pas gênant d’avoir des relations amicales avec les enfants, tant que le respect mutuel est là et que chacun a sa place.

    1. Cécile

      Bonjour Jérémy, je comprends parfaitement ce dont vous parlez et suis complètement d’accord. Être loufoque ne remet en rien en cause notre autorité à partir du moment où les enfants savent que l’on est dans le jeu. Et c’est la meilleure façon que je connaisse de se faire entendre quand on leur demande plus tard de respecter les règles 😉 On a certainement du boulot à faire dans nos écoles traditionnelles pour faire passer ce message…

  8. Cammas

    Bonjour
    Je pratique le temps dédié de 20 minutes, je ne crie pas, je fais attention aux mots que j emplois et pour temps mon enfant a des comportements extrême : il se met à hurler à 7h30 dans notre appartement… et j exprime de la compassion “je vois que ça ne va pas. Je suis la”. Il me répond vas tant mais reste, ne me regarde pas mais regarde moi etc… Il crie de plus en plus jusqu’à ne plus arriver à s exprimer que par des pleurs et des hurlements. Je suis toujours détendu et ouverte à l aider. Cela dure depuis ces 6 mois il aura bientot 4ans. C est en restant à côté de lui, calme; qu il a fini par atteindre 1h donc 60 minutes de cries que j’ai fini par avoir ma limite. Il a une zone (la terrasse) où il peut crier pour ce décharger sans épuiser les autres (sa soeur par exemple). Le jeu au quotidien m a permis de tisser des liens mais les rapports de mon enfant avec les autres et moi même restent compliqués.

    1. Cécile

      Bonsoir Anne-Laure,
      je suis désolée de ce que vous vivez et bravo à toi pour rester zen et à l’écoute de ton fils 😉
      Étant donné que cela fait 6 mois que son comportement est extrême et donc que c’est à priori récurrent (et fréquent ?), est-ce que tu as une idée de ce qui a déclenché cela ? Est-ce qu’il y a eu un évènement particulier dans votre vie de famille ou à l’école ? Si tu veux qu’on échange par email, n’hésite pas à me contacter sur cecile@leo-melrose.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.