apprendre à gérer nos émotions emoticartes

Dans cette interview, Patrice Iacovella, sophrologue et créateur du jeu “Les Emoticartes”, partage 3 clefs pour aider nos enfants à apprendre à gérer leurs émotions et nous aider à gérer nos propres émotions. Tu découvriras également le principe et fonctionnement du jeu sur les émotions.

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Le site de Patrice Iacovella : www.emoticartes.com

Retranscription intégrale de l’interview de patrice Iacovellla “Comment aider nos enfants à gérer leurs émotions” :

— Cécile Amiel :

Bonjour, c’est Cécile de Leo-Melrose. Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir d’accueillir Patrice Iacovella Iacovella. Bonjour Patrice !

— Patrice Iacovella :

Bonjour Cécile, bonjour à tous!

— Cécile Amiel :

Alors, Patrice, j’ai souhaité t’interviewer parce que tu as créé un jeu qui s’appelle « Les Emoticartes », qui est un jeu pour apprendre à gérer nos émotions en famille, et particulièrement, pour les enfants.

Et ce que j’aimerais, c’est qu’on puisse partager à partir de cette interview trois astuces pour nous aider, pour aider nos enfants ou nous-mêmes à gérer nos émotions. Et avant de faire ça, est-ce que tu peux commencer déjà par te présenter, savoir d’où tu viens, tu es sophrologue, savoir ton parcours et qu’est-ce qui t’as emmené à créer ce jeu ?

— Patrice Iacovella :

Ok, bien sûr, avec plaisir. Donc, bonjour à tous, bonjour à toutes !

Donc, je m’appelle Patrice Iacovella, je suis sophrologue spécialisé pour enfants. C’est-à-dire que je travaille uniquement avec des enfants adolescents et étudiants. Ce qu’il faut savoir c’est qu’en France, on est à peu près une dizaine, à ne travailler uniquement qu’avec ce public-là parce que c’est un public spécifique. Mais que tous les Sophrologues sont habilités, ils sont à même à travailler avec des enfants.

Je suis basé près de Lyon et j’ai effectivement créé ce jeu qui s’appelle « Les Emoticartes ». En fait, il est né d’une demande et d’un constat que nous faisaient souvent les parents. C’est-à-dire que la plupart du temps, les besoins qu’ont les parents, c’est d’aider leurs enfants à gérer leurs émotions, tant pour les enfants que pour eux aussi. Et en fait, ils se sentaient parfois démunis malgré avoir lu beaucoup de livres sur le thème.

Et je me suis rendu compte qu’entre le moment où le parent lit, il comprend. Il réexplique, il remet en application. Parfois, il y a un chemin énorme qui a été parcouru et c’est souvent très difficile de remettre en application ou d’expliquer ce qu’on a lu.

Et en fait, j’ai fait le constat que les enfants apprennent beaucoup plus en jouant, par le jeu. C’est pour cela que dans les premières parties de la scolarité, on joue beaucoup avec les enfants pour leur apprendre à écrire et à compter.

Et j’ai fait un lien en parallèle entre les livres sur la gestion des émotions et le jeu. D’où l’idée de créer un jeu de carte où les enfants peuvent eux-mêmes découvrir comment gérer leurs émotions sans forcément que ce soit un parent ou un adulte qui leur dit : « Voilà, là, tu ressens cela, il faut faire cela ! ». Ce n’est pas forcément comme cela que cela marche.

— Cécile Amiel :

Alors toi, tu as un cabinet de sophrologie, c’est cela, tu accompagnes les parents et les familles. À partir de quel âge on peut commencer à travailler avec les enfants sur la gestion des émotions ?

— Patrice Iacovella :

Alors, au cabinet, j’accompagne les enfants à partir de 6 ans même si cela m’arrive de plus en plus d’en prendre à partir de 4 ans et demi, 5 ans.

— Cécile Amiel :

Alors, pourquoi c’est vraiment essentiel de gérer nos émotions, d’apprendre, d’enseigner à nos enfants à gérer leurs émotions également ?

— Patrice Iacovella :

Je dirais que c’est super important d’arriver à gérer ses émotions parce que si on ne les gère pas, on se laisse envahir par toutes les choses qui nous arrivent, autour de nous : par tout un tas de peurs, par tout un tas de stress. Et au bout d’un moment tout cela ressort. Et arrivé à l’âge adulte, il risque d’en ressortir quelque chose de pas très top. C’est pour cela que c’est important dès le plus jeune âge d’arriver à gérer ses émotions.

Par rapport à cela, moi, je voudrais juste revenir sur quelque chose dont j’entends souvent parler, ce sont les enfants qui vont passer les tests de QI : de Quotient Intellectuel. Alors, c’est vrai qu’il y en a de plus en plus. Mais de mon point de vue, il y a un autre « Q », qui est important, c’est le QE : le Quotient Émotionnel. Parce que cela fait exactement partie de la façon dont on arrive à gérer les choses.

Le Quotient Intellectuel, c’est celui qui permet d’apprendre. Le Quotient Émotionnel, je dirais que c’est celui qui permet de réussir et d’avancer. D’ailleurs, c’est prouvé. Les enfants qui ont un haut potentiel, qui ont un haut QI, ont souvent beaucoup du mal à gérer leurs émotions parce que c’est tout dans la tête, et du coup, dans le corps, il y tout un tas de choses qui se passent qu’ils n’arrivent pas forcément à gérer. C’est pour cela que c’est important d’arriver de développer son intelligence émotionnelle en parallèle à son intelligence, je dirais, cognitive.

— Cécile Amiel :

Oui, d’autant qu’apprendre à gérer nos émotions, si j’entends ce que tu dis, c’est que non seulement c’est important pour notre propre bien-être mais aussi dans notre relation avec les autres.

— Patrice Iacovella :

Exact ! Exactement, tout à fait !

Si on est rempli de colère à l’intérieur de nous, on va avoir de la colère par rapport à tout le monde autour de nous. Si on est souvent triste des choses qui nous arrivent, on va communiquer de la tristesse aux autres. Que ce soit de la colère ou de la tristesse, quand on a ces émotions-là, les autres ne vont pas forcément avoir envie de venir vers nous, quand on nous voit dans un état comme cela. Donc, c’est vraiment communicatif.

— Cécile Amiel :

Oui, et puis, malheureusement, l’intelligence émotionnelle, ce n’est pas quelque chose qui est enseigné à l’école.

— Patrice Iacovella :

Malheureusement !

— Cécile Amiel :

Est-ce que tu as des contacts avec le corps enseignant, les professeurs, et comment eux, ils perçoivent le jeu et ton approche ?

— Patrice Iacovella :

Alors oui, parce que le jeu, je l’ai créé, moi, mais je ne l’ai pas développé tout seul, c’est-à-dire que je me suis entouré d’une équipe pour pouvoir valider la légitimité de ce jeu. Dans cette équipe-là, il y avait beaucoup de thérapeutes, donc, c’étaient des orthophonistes, des psychothérapeutes, des psychologues, des spécialistes dans les neurosciences.

Il y avait également des éducateurs, mais j’avais aussi des enseignants de l’éducation nationale que ce soit du primaire ou du collège qui ont participé aux phases de test et qui ont donné leur avis aussi sur le jeu.

— Cécile Amiel :

Donc, tu as une équipe qui te soutient, une équipe derrière toi, en fait.

— Patrice Iacovella :

Oui, c’est important que tout le monde soit sensibilisé à ce jeu et que ce jeu s’adresse vraiment à tous les professionnels qui travaillent avec des enfants.

— Cécile Amiel :

Alors, maintenant, Patrice, j’aimerais qu’on rentre un peu dans le vif du sujet en partageant un exemple de la façon dont on peut gérer nos émotions, que ce soit en tant qu’adultes ou en tant qu’enfants.

Par exemple, on est rentré du bureau après une longue journée et on est un petit peu énervé et on va facilement, se mettre en colère. Donc, est-ce qu’on peut partager des clés pour gérer, que ce soit notre propre colère ou celle de nos enfants ? Est-ce que tu peux nous dire comment faire dans cette situation concrète ?

— Patrice Iacovella :

Alors, oui ! Alors déjà, la colère c’est une des émotions qui revient et le plus fréquemment, aussi bien chez les parents que chez les enfants. Et t’as donné le bon exemple : je rentre du travail et je vais peut-être être confronté à de la colère par rapport à l’organisation de la soirée.

Déjà, la première question qu’il faut se poser, c’est : cette colère, à qui elle est ? Est-ce que c’est ma colère à moi ou c’est la colère de mon enfant ? Je vais illustrer un peu ce que je dis là.

On a passé une journée de travail de huit, dix, douze heures, peut-être en fonction des professions où on a été confrontés à beaucoup de stress, beaucoup de pressions. On nous a demandé beaucoup de choses. Et au travail, on n’a pas forcément le courage d’ouvrir notre bouche pour dire à notre patron ou à nos collègues ce qu’on ressent et ce qu’on pense. Donc, du coup, cela a fait toute une accumulation au fur et à mesure de la journée. Et on rentre le soir.

Et le soir, il y a l’organisation, la course qui commencent c’est-à-dire faire le repas, faire les devoirs, faire la douche, préparer la journée du lendemain. Et il suffit qu’à ce moment-là, il y ait un petit caillou qui se mette dans l’engrenage pour qu’on sorte de nos gonds et qu’on se mette mais on ne sait pas pourquoi à ce moment-là, on s’est mis en colère parce que le schéma, il est répétitif. Et des fois, on se met en colère pour des choses qui sont beaucoup plus graves, beaucoup plus importantes et là, un petit détail fait qu’on se met en colère.

Donc, la question à se poser, c’est : finalement, cette colère, est-ce que c’est celle de mon fils qui ne veut pas faire ses devoirs à ce moment-là, parce que lui aussi a passé une journée à l’école, où il a fallu écouter et être concentré, comprendre, réfléchir et répondre aux questions; faire des interros. Ou bien, cette colère que moi, j’ai accumulée toute la journée et face à la réaction de mon enfant : « bim »,  je sors de mes gonds.

Donc, la première question à se poser, c’est à qui elle appartient cette colère ? Est-ce que c’est la mienne ou est-ce que c’est celle de mon enfant ?

— Cécile Amiel :

Mais cela peut être un petit peu des deux aussi.

— Patrice Iacovella :

Et il y a un petit peu des deux, bien entendu. Bien entendu mais le déclencheur, le but est d’identifier le déclencheur, oui !

— Cécile Amiel :

Alors, petite parenthèse par rapport à cela. Parfois, on peut avoir l’impression, nous, par exemple que cette colère, on veut vraiment s’en débarrasser parce qu’elle nous empoisonne un peu la vie et donc, on veut faire en sorte qu’elle disparaisse ou on veut faire en sorte de ne plus ressentir ces émotions. Est-ce que cela, tu confirmes, que ce n’est pas possible ?

— Patrice Iacovella :

Ecoute, cela ne serait pas possible et ce serait même invivable. Nous sommes des êtres d’émotions. On a d’ailleurs, une partie dans notre cerveau : la partie du cerveau limbique qui est le cerveau des émotions, qui lui ne comprend pas du tout le langage. Donc, nous, on ne peut pas claquer des doigts et faire partir nos émotions.

Et puisqu’il faut avoir conscience aussi, c’est que toutes nos émotions servent à quelque chose. Et c’est là que cela devient intéressant quand on comprend à quoi servent nos émotions qu’on peut commencer à la gérer.

La peur, elle, elle sert à se protéger du danger, par exemple. La tristesse, c’est par rapport à quelque chose qui nous arrive.

Donc, on a le droit d’être triste, on a le droit d’être en colère, on a le droit d’avoir peur. Et cela, il ne faut surtout pas les inhiber parce que du coup, au contraire, on va finir par les accumuler. Et à un moment ou à un autre, elles vont finir par ressortir.

— Cécile Amiel :

Donc, la première étape, en fait, c’est de laisser s’exprimer ses émotions ?

— Patrice Iacovella :

Oui !

— Cécile Amiel :

Et de les reconnaître, accepter en fait qu’elles soient là, c’est cela ?

— Patrice Iacovella :

Il faut déjà les repérer, savoir quelle est l’émotion qu’on ressent. Il faut la laisser vivre parce qu’on a besoin de laisser vivre une émotion. Une colère a besoin de sortir. Une colère, c’est quoi ? C’est une boule d’énergie qui a besoin de sortir. Et tant que cette énergie, elle n’est pas sortie, on va avoir de la colère en nous. Une fois qu’on a laissé sortir cette émotion, c’est de comprendre comment on peut arriver à la gérer, c’est-à-dire à faire en sorte que son intensité soit moins importante tant pour nous que pour notre entourage.

— Cécile Amiel :

Alors, est-ce que tu peux nous partager concrètement, ce qu’on peut faire nous, en tant que parents, pour, sur le moment, gérer cette émotion quand elle arrive et quand on a identifié que cela venait de notre part ?

— Patrice Iacovella :

En tant que parent, déjà, dans un premier temps, tu peux expliquer à ton enfant : « écoute, j’ai passé une journée qui était très difficile, très fatigante, très stressante. Je pense que c’est un petit peu comme toi, parce que toi, tu as eu des interros, tu as eu des petits conflits avec tes camarades, peut-être que tu as beaucoup de choses à apprendre aujourd’hui. Donc, cela a dû être très fatigant et très stressant pour toi. Donc, ce que je te propose, c’est qu’on fasse en sorte que les choses se passent bien, ce soir, qu’on y mette tous les deux de la bonne volonté pour éviter qu’on se mette en colère, qu’on fasse les devoirs le plus rapidement. Comme cela, une fois qu’on aura fini, on pourra se poser tranquillement, on pourra jouer ou du moins, on pourra faire l’organisation de la journée mais dans un bon état d’esprit. »

C’est vraiment d’exprimer ce qu’on ressent pour que l’enfant, lui aussi… Les enfants travaillent beaucoup par représentation.

— Cécile Amiel :

Oui, par modélisation, c’est cela ?

— Patrice Iacovella :

C’est-à-dire qu’ils imitent. Par modélisation, oui, c’est cela ! Ce qu’on appelle les neurones miroirs qui vont reproduire ce qu’on a tendance à voir. S’ils voient qu’un parent communique avec lui, il va avoir envie de communiquer. S’il a un parent en face de lui qui lui exprime ses émotions, l’enfant, il ne va pas forcément les refouler, il va dire : « ok, là je comprends ce qu’elle veut dire ma mère ou mon père ». Donc, du coup, moi, je vais faire pareil. Cela évitera qu’il se mette en colère après moi si je leur explique ce qui se passe aussi, au fond de moi. Donc, c’est en fait de communiquer ce qui est à la base.

— Cécile Amiel :

Alors, là, on a vu, en tant que parents, comment on peut exprimer ce qu’on ressent en racontant sa journée, en expliquant en fait, la raison qui nous pousse à ressentir cette émotion et à exprimer peut-être notre colère. Mais comment on fait quand on a un enfant qui n’est pas forcément toujours dans le verbal, comment on fait pour l’aider quand la colère nous monte ?

— Patrice Iacovella :

Déjà, on va le laisser vivre sa colère. Comme je le disais toute à l’heure, tant que la boule d’énergie n’est pas ressorti, on ne peut pas communiquer. On ne peut pas rien faire. Tant que l’incendie n’est pas éteint, on ne peut pas rentrer dans la pièce.

Donc, on va laisser sortir cette colère. Puis, bonne nouvelle : comme une colère, c’est une émotion, généralement, les émotions, elles durent très peu. C’est un instant court qui ne peut durer que quelques secondes à quelques minutes. Si cela dure des heures, c’est que ce n’est plus une émotion, c’est qu’il y a quelque chose de plus intense là-dessous.

Donc, on va laisser passer ces quelques minutes où l’enfant va exprimer sa colère fortement et violemment. Ensuite, on va retourner vers lui mais pas forcément lui faire remarquer ce qui s’est passé, mais c’est de lui poser quelques questions. Du genre : qu’est-ce qui s’est passé là ? Est-ce que tu peux m’expliquer d’où vient ta colère ? De façon à ce que l’enfant puisse dire : « écoute, c’est moi, je n’avais pas envie de faire mes devoirs. Ou : c’est toi, voilà, j’ai été en train de faire cela et t’es venu me déranger à ce moment-là et je n’avais pas forcément, envie ».

C’est vraiment de poser des questions ouvertes aux enfants, pour qu’eux arrivent à s’exprimer.

— Cécile Amiel :

Donc, ce qu’on fait en fait, c’est de poser une série de questions à nos enfants, des questions de curiosité, quelque part pour les aider et nous aider à identifier en fait, quelle est la source de cette émotion qu’il ressent et qui le pousse à avoir un comportement qui est parfois inapproprié.

Mais parfois, nous-mêmes, on est déclenchée. Et en fait, le comportement de notre enfant, il va déclencher chez nous aussi de la colère. Donc, comment on peut faire pour gérer les situations quand cela arrive ?

— Patrice Iacovella :

Justement, alors déjà cette phase de questionnements, c’est de la poser une fois que la colère est redescendue. Parce que si on va communiquer dans la colère, forcément, on va avoir cette violence en face de nous.

Donc, une fois que fois que tout est apaisé, on peut beaucoup plus facilement communiquer et discuter. D’ailleurs, on s’est rendu compte qu’après une colère ou après une forte émotion, on est lessivé, on n’en peut plus, on est très fatigué parce qu’on a fait ressortir tout cela.

Donc, dans cet état de « détente ou d’apaisement », les questions, et du coup les réponses, vont vous revenir beaucoup plus facilement que pendant la colère.

— Cécile Amiel :

Merci Patrice. Donc, on a vu d’abord la première astuce, c’est de prendre conscience de nos émotions et de les reconnaître ; d’identifier si cela vient de l’extérieur ou de l’intérieur, c’est-à-dire si cela vient de nous ou si cela vient de notre enfant ou d’une tierce personne.

— Patrice Iacovella :

ou bien d’une tierce personne, bien sûr !

— Cécile Amiel :

Et on a vu comment faire en sorte que notre enfant exprime également, à travers les questions de curiosités, les questions qu’on va lui poser, qu’il apprenne aussi à exprimer les raisons de ses émotions ou de sa colère. Donc, ici, cela c’est dans les situations un peu sur le moment.

— Patrice Iacovella :

C’est cela.

— Cécile Amiel :

Et pour apprendre réellement à gérer les émotions, à les identifier, etc., tu as créé donc, le jeu « Émoticartes », auquel on a joué en famille.

— Patrice Iacovella :

C’est cela.

— Cécile Amiel :

Et on a passé vraiment un bon moment à jouer avec donc Luce et Patrice mon mari. Et ce que j’ai bien aimé, en fait, c’est que chacun a exprimé ses émotions.

— Patrice Iacovella :

Super !

— Cécile Amiel :

Luce, elle a vraiment joué le jeu jusqu’au bout, c’est-à-dire qu’elle a vraiment exprimé ce qu’elle ressentait, trouvé l’émotion qu’elle aimerait ressentir à la place, etc.

— Patrice Iacovella :

Bien sûr !

— Cécile Amiel :

Et j’ai remarqué en fait que nos enfants ont plus de facilité à exprimer, presque que nous, les adultes, parce que ce sont des choses qu’on n’a pas appris nous, quand on était enfants. Donc, d’où l’importance de ce jeu.

Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi consiste ce jeu ? Et là, on a parlé de la colère mais tu parles de toutes les émotions dans le jeu.

— Patrice Iacovella :

Oui, bien sûr, tout à fait ! Exactement, la colère comme exemple, parce que c’est ce qui revient le plus souvent.

Déjà, je vais présenter le jeu. Ce jeu qui comporte 39 cartes dont des cartes règles du jeu, des cartes qui présentent un peu ce que sont les émotions.

Il a dix cartes rouges qui représentent les dix principales émotions ou sensations désagréables que ressentent les enfants. Donc, il y a la frustration, la colère, l’agitation, la tristesse, le stress, le dégoût. Avec à chaque fois, hop, un petit visuel qui permet aux enfants qui ne savent pas forcément lire ou qui ont du mal à se repérer et d’ouvrir le visuel. Il y a une échelle de graduation en dessous pour dire à combien cette émotion, elle est importante, pour nous, elle est intense.

— Cécile Amiel :

Alors moi, ce que j’avais lu en fait, et compris, c’est que le fait de mettre une échelle, cela permet d’avoir un référentiel et de savoir à quel degré on est de colère, ça nous permet d’agir et de travailler pour faire redescendre le curseur…

— Patrice Iacovella :

C’est cela, exactement !

— Cécile Amiel :

… à quel degré on est de colère. Cela permet déjà de pouvoir agir dessus parce qu’on va pouvoir travailler pour faire redescendre le niveau, la gradation, parce qu’on a un curseur qu’on peut déplacer facilement, c’est cela ?

— Patrice Iacovella :

C’est cela ! Exactement, c’est cela ! Oui, tout à fait !

Ensuite, derrière, il y a une phase de texte où il y a la définition de l’émotion parce que c’est important de mettre des mots sur une émotion. À quoi sert cette émotion parce que toutes les émotions servent à quelque chose. Mais elles servent à quelque chose du moment où on arrive à les gérer. Donc, cela, c’est important de savoir à quoi correspond cette émotion, qu’est-ce que c’est que cette émotion.

Ensuite, quand j’ai cette émotion, je sens que là, on est dans la corporalité. Dans mon corps, quand je ressens par exemple de la colère, de la tristesse, de la timidité, comment je me sens ?

Je me sens : j’ai envie de pleurer, j’ai envie de crier, je suis tout tendu, j’ai une boule au ventre en fonction des émotions. Donc, l’enfant va pouvoir repérer à l’intérieur de lui comment cela se passe.

Ensuite, il y a : je vais rechercher dans les cartes jaunes comment j’aimerais me sentir à la place de cette émotion, c’est-à-dire en quelque sorte, d’aller rechercher le besoin qu’on peut avoir.

Ensuite, on a dix cartes jaunes qui représentent les dix principales émotions ou sensations agréables. On a le même principe avec un petit visuel et une échelle de graduation.

Derrière, même principe, la définition : à quoi sert cette émotion ? Qu’est-ce que j’ai dans mon corps qui peut me faire dire que j’ai cette émotion-là qui est agréable. Et il y a une question supplémentaire dans la carte jaune, c’est quand je me souviens précisément de la dernière fois que j’ai vécu et ressenti cette émotion-là ?

Là, on va faire appel à l’autre partie du cerveau qui va aller chercher ce moment agréable, déjà pour se rendre compte que cette émotion agréable, on l’a déjà vécue et qu’on l’a super-bien vécue. Et donc, c’est très important de se souvenir comment c’était, où c’était, avec qui on était. Et puis cela permet surtout d’en parler.

Enfin, il y a une troisième couleur de carte, qui est les cartes bleues qui sont ce que j’appelle des cartes ressources. En fait, c’est des expériences à refaire où l’enfant va aller rechercher ses propres ressources, va utiliser ses propres ressources : là, on va passer d’une émotion désagréable à une émotion plus agréable. Je dirais que la partie de jeu, elle intervient à ce moment-là, c’est-à-dire qu’on va tirer une carte au hasard, qu’on va soit scanner le petit code-barres, soit rentrer la référence sur la barre de recherche sur le site internet pour avoir accès à des vidéos, ou aller lire et refaire cette expérience-là. Et après, on pourra dire : bon, cela m’a permis à deux de gérer mon émotion. Ok, pas de souci.

On en prend une autre et on va faire comme cela, jusqu’à ce qu’on en trouve une ou plusieurs cartes qui nous permettent vraiment de gérer notre émotion. Des ressources, on en a tous mais on ne sait pas qu’on les a. Donc, là, on va en faire ressortir un certain nombre.

Et l’intérêt aussi, c’est que c’est l’enfant qui va à la fois verbaliser son émotion désagréable, son émotion agréable, et qu’il va aller rechercher sa propre ressource, sa propre technique qui va pouvoir l’aider à gérer ses émotions.

Et dernière petite carte, qui est une carte importante aussi, qui est la carte bonus, voilà, qui permet justement de faire un point sur la situation avec du recul : est-ce que cela valait vraiment le coup que je me mette dans cet état-là ? Et la prochaine fois, si je me retrouve dans une telle situation, comment je pourrais faire pour la gérer ? Voilà, pareil, il y a un petit explicatif, derrière.

— Cécile Amiel :

En fait, ce jeu, il est recommandé pour les enfants, à partir de 6 ans. Mais finalement, on peut y jouer avec des enfants plus jeunes aussi. Par exemple, on a des enfants à quatre ans qui peuvent déjà exprimer leurs émotions. Et dans ce cas, le jeu, il est adapté parce qu’il y a des images, des vidéos etc.

— Patrice Iacovella :

Oui, c’est cela.

— Cécile Amiel :

Auxquelles on peut se référer plus facilement, pour apprendre.

— Patrice Iacovella :

Tout à fait. Quand on a fait l’expérience de test, on a fait montrer les petits visuels à des enfants de quatre, cinq ans, pour voir s’ils arrivaient à se repérer aussi, dessus.

— Cécile Amiel :

Oui parce qu’il y a les petits visages qui illustrent l’émotion.

— Patrice Iacovella :

Exactement, voilà !

— Cécile Amiel :

Donc, en fait, la gestion des émotions, cela s’apprend comme toute autre chose. Et cela s’apprend en pratiquant, c’est cela, cela se développe en pratiquant ?

— Patrice Iacovella :

Cela s’apprend de façon ludique. De toute façon, on l’apprend de façon ludique. Puis, c’est comme tout, c’est un entrainement. On travaille avec la répétition, et si on ne fait pas forcément régulièrement, on aura du mal dans une autre situation à gérer nos émotions.

— Cécile Amiel :

Alors moi, j’ai beaucoup aimé à jouer à ce jeu en famille. Et c’est vraiment sympa parce qu’on peut voir effectivement, que nous les adultes, ce n’est pas forcément évident pour nous d’exprimer nos émotions et cela nous invite même en tant qu’adultes à travailler cela pour avoir une meilleure relation avec les autres.

— Patrice Iacovella :

Oui.

— Cécile Amiel :

Donc, l’idéal c’est presque d’y jouer en famille.

— Patrice Iacovella :

C’est cela. Exactement, c’est une très bonne idée d’y jouer en famille, oui, exactement.

— Cécile Amiel :

Ok, ben, merci beaucoup Patrice.

— Patrice Iacovella :

Merci beaucoup Cécile.

— Cécile Amiel :

Vraiment top, ce jeu et vous verrez qu’il a un prix très raisonnable en plus. Vous trouverez le lien sous la vidéo, sur le blog, pour pouvoir y accéder.

— Patrice Iacovella :

Merci beaucoup en tous cas, je vous souhaite à tous, une très bonne journée. Surtout, ne vous trompez pas d’émotion.

— Cécile Amiel :

Partagez cette vidéo avec d’autres parents si vous pensez que cela peut les aider à améliorer leurs vies de famille au quotidien et à très vite.

— Patrice Iacovella :

Au revoir et merci !

Cet article a un commentaire

  1. Cathy

    Merci pour cette découverte
    J ai déjà un jeu de cartes des émotions tout simple pour mon fils 4 ans…
    on découvre les émotions en jouant des scènes ou on raconte notre journée avec les cartes émotions correspondant à chaque moment
    je pense que celui présenté sera une bonne évolution et bon complément dans 2 ans…

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