aider un enfant a etre plus optimiste

“De toutes façons tout va toujours mal, je n’y arriverai pas, j’ai pas d’amis et j’en aurai jamais, ça n’arrive qu’à moi…”. Parfois le poids du pessimisme et des pensées négatives s’abat sur les épaules de nos enfants et tout ce qu’on leur dit pour les réconforter semble n’avoir aucun effet. Ils se plaignent de ne pas avoir assez… pas assez de jouets, pas assez de vêtements, pas assez de copains. Ils râlent parce qu’ils n’ont pas aussi bien ou autant que… Leur chambre est moins bien que celle de leur copain, leur petite sœur a toujours un bout de gâteau plus gros, ou plus de jouets, alors qu’on a le sentiment d’être complètement équitable avec nos enfants…  Agaçant non ?!

Penser la vie positivement : est-ce inné ou est-ce que ça s’apprend ?
Que faire quand nos enfants imaginent toujours le pire ou voient toujours le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein ? Est-ce que l’on peut aider nos enfants à être plus optimistes, plus positifs ?

Être positif et optimiste n’est pas que dans nos gênes

Même si on a une tendance naturelle à être pessimiste, on peut grandement accroître notre optimisme et ça c’est une excellente nouvelle ! (si vous lisez les clefs plus loin, vous comprendrez pourquoi j’ai ajouté ces mots 😉

Notre environnement, les personnes qui nous entourent ont bien plus d’importance et influencent bien plus le comportement de nos enfants que la part dont ils ont hérité et avec laquelle ils débutent dans la vie.

Je me plains, je râle parce que j’ai besoin d’affection

Parfois nos enfants nous interpellent en râlant parce qu’ils ont simplement besoin d’un moment d’affection et de lien avec nous. Par exemple, lorsqu’ils se plaignent de ne pas avoir assez de jouets ou qu’ils réclament quelque chose et n’en veulent plus l’instant d’après. Dans ce cas là, c’est assez simple de donner à nos enfants ce dont ils ont besoin.

Que faire quand nos enfants manquent d’optimisme de manière récurrente et fréquente ?

Personnellement, après avoir lu et mis en pratique pour moi des techniques de conditionnement mental et de visualisation – vous avez le droit de penser que je suis un peu givrée… tout comme vous avez le droit de creuser le sujet et d’améliorer votre vie 😉 – je suis convaincue que le fait d’aborder la vie de manière positive se construit en prenant des habitudes et n’a rien à voir avec de la chance ou des circonstances externes.

  • Des habitudes au niveau physique : On sait que bouger permet de changer d’état émotionnel par exemple
  • Des habitudes au niveau mental : Les mots que l’on se dit déterminent nos pensée
  • Des habitudes au niveau émotionnel : Écouter ce que l’on ressent plutôt que de l’étouffer.

Changer les mots et les pensées

Des études en thérapie cognitive* ont montré que la façon dont on se parle à soi-même sur ce qui se passe autour de nous et la façon dont on interprète les situations, ont un impact direct sur nos réactions émotionnelles face à ce que l’on vit.

(*) La thérapie Cognitive vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité.

Selon Martin Seligman auteur du livre “l’enfant Optimiste” une personne pessimiste voit le monde à travers des filtres :
– L’effet “Permanence” : il m’arrive toujours des catastrophes, je n’ai jamais de chance et ce sera toujours comme ça
– L’effet “tâche d’encre” : ce qui se passe dans un aspect de ma vie a des effets sur les autres aspects de ma vie
– L’effet “personnel” : ça n’arrive qu’à moi
– L’effet “Impuissance” : je suis victime de ce qui se passe et je n’y peux rien, je ne peux pas changer ce qui se passe ou ce qui m’arrive

Finalement c’est un peu comme si une personne pessimiste portait une paire de lunette composé de 4 verres superposés ayant chacun un effet différent 😉

Aider nos enfants à changeant les filtres à travers lesquels ils vivent ou observent une situation

Pour aider nos enfants à changer d’état d’esprit quand un évènement survient, il faudrait donc les aider à changer de filtres pour changer de perception face à une situation vécue :
– Ce qui m’arrive est un évènement temporaire et exceptionnel
– Cela n’a aucune incidence sur qui je suis ou ce que je fais par ailleurs
– Cela n’a rien de personnel, il y a toujours une cause à un effet
– Je peux agir et changer les choses

Exemple :

“j’ai raté mon évaluation, de toutes façons je n’y arriverai jamais, j’ai pas de chance, je rate tout le temps”
remplacé par : “j’ai raté parce que j’ai pas assez révisé, je vais travailler chaque jour de cette semaine et je ferai mieux la prochaine fois”

Et quand mon enfant est négatif parce que c’est la faute… à pas de chance ?

Comment faire en sorte qu’un évènement qui arrive à nos enfants ne soit pas pris personnellement quand ce sont des évènements sur lesquels ils n’ont pas de prise.
Exemple: je suis sortie et il pleuvait à torrent

“je suis sortie, et il s’est mis à pleuvoir, du coup je suis trempée j’ai vraiment pas de chance, y a qu’à moi que ça arrive ce genre de truc.”
Remplacé par : A cette époque ci il pleut souvent, la prochaine fois je prendrai mon parapluie

Pour nous aider à changer de discours et à voir le monde de façon plus positive et optimiste, voici donc 10 clefs.

Les 10 clefs pour aider nos enfants à être plus positifs et plus optimistes

Clef #1 : Partager avec nos enfants les bonnes questions à se poser

Pour contre-balancer le “je ne peux rien y faire” et je suis une victime, on peut demander à nos enfants de se poser les questions suivantes à chaque fois qu’ils vivent une situation qui les contrarie :

  1. Est-ce que je peux changer le résultat si je fais un effort ?
  2. Qu’est-ce que je peux faire tout de suite pour commencer à changer ce résultat ?

Clef #2 : Instaurer de bonnes habitudes et une hygiène de vie

Faire de l’exercice physique, manger sainement, méditer, être en relation avec les autres, sourire et rire régulièrement, faire attention aux autres, être respectueux de son environnement, faire preuve de courage et d’honnêteté sont autant de bonnes habitudes à prendre.

Plus on pratique ces habitudes, plus notre perception est positive

Clef #3 : Être un modèle d’optimisme pour nos enfants

La façon dont on perçoit le monde, ce que l’on dit sur les personnes qui nous entourent, nos réactions face à une tuile ont une grande influence sur la façon dont nos enfants perçoivent leur environnement. Personnellement, je dis toujours à la maison qu’on a beaucoup de chance dans la vie… et c’est vrai !

Clef #4 : Insuffler le plaisir de donner

Rien de plus gratifiant à mon sens que le plaisir de donner et avec les enfants c’est facile de les aider à avoir ce réflexe.

  • Donner un jouet dont ils ne se servent plus,
  • Gonfler des ballons et les offrir spontanément à des personnes autour d’eux
  • Faire un dessin pour chaque membre de la famille…
  • Appeler mamie, papi, mémé, pépé… donner un peu de son temps

Clef #5 : Changer d’humeur grâce à la musique ou grâce à la nature

Pour de nombreuses personnes, le simple fait d’écouter de la musique permet de changer d’humeur et d’apporter une chaleur, un réconfort, un bien-être
Pour d’autres, c’est une balade dans la nature qui aide.

Clef #6 : parler à leur râleur intérieur

On peut aider nos enfants à remettre en question leurs pensées en leur demandant de faire attention à leur petite voix intérieure. Il existe d’ailleurs une technique qui consiste à extérioriser cette petite voix pour pouvoir la contredire. La prochaine fois que vos enfants sentiront que des pensées négatives les envahissent, demandez-leur d’imaginer ou de faire attention au petit bonhomme qui est dans leur tête qui les embête et qui n’arrête pas de se plaindre et de râler. Faire comme si ce qu’ils entendent, les mots, la petite voix, venaient de quelqu’un d’autre. Ensuite il s’agit de faire taire ou d’argumenter contre ce petit bonhomme : “Tu vas pas réussir à finir à temps”… “Mais si je vais réussir à finir à temps !”

Clef #7 : Fabriquer des poupées tracas

J’en avais parlé dans un autre article pour éliminer les petites angoisses des enfants avant d’aller au lit, les poupées tracas sont de petites figurines à qui nos enfants peuvent confier leurs peines que ce soit avant d’aller se coucher ou lorsqu’ils en ont besoin dans la journée.

Clef #8 : Tenir un journal des petits bonheurs et réussites quotidiennes

Écrire nos petits bonheurs et accomplissement chaque jour nous aide à être plus positifs et optimistes. Pourquoi ne pas aller acheter un petit carnet avec votre enfant, un carnet qu’il choisira où il notera chaque jour ce qu’il a fait de bien ou ce qu’il lui est arrivé de chouette : un hérisson ou un écureuil croisé dans le parc, un jeu fait avec maman, mangé sont plat préféré, réussi son évaluation de maths, etc.

Clef #9 : Créer une Affiche avec des dessins ou mots d’amour

On part du même principe que le petit carnet parce qu’écrire est puissant. Ici on affiche des mots joyeux ou si nos enfants ne savent pas encore ou n’ont pas envie d’écrire des mots, on fait des dessins qui donnent du peps, que ce soient des cœurs ou un dessin de la famille. On peut placer cette affiche sur un mur de la chambre de nos enfants ou dans le salon ou la cuisine.

Clef #10 : Cultiver la gratitude

Dire merci et se répéter combien nous sommes reconnaissant de ce que nous avons est un must à pratiquer avec nos enfants. Offrez-leur ce plaisir de se remémorer les bons moments de leur journée ou de se réjouir au réveil de ce qu’ils vont faire dans les heures à venir. Le faire ensemble en famille crée du lien.

Dans cette vidéo, je réponds à la question de Marie-Soleil, merci à toi pour cette question 😉

“J’ai deux enfants vraiment différents. J’ai une fille de 4 ans qui est vraiment positive alors que mon garçon de 6 ans a de la difficulté à focusser sur le positif. Il est souvent démoralisé par le négatif. Il a de la difficulté à apprécier ce qu’il a. Par exemple, il dit souvent qu’il n’aime plus aucun de ses jouets et qu’il voudrait en avoir de nouveaux. Le Père Noël était à peine reparti que déjà il faisait sa liste pour Noël prochain. Je trouve ça difficile étant une personne extrêmement positive qui sait apprécier ce que j’ai. Il est souvent grognon, bougon. Une journée se gâche facilement pour lui. J’aimerais savoir comment le faire changer d’attitude.
Le soir, je demande toujours à mes enfants quel a été leur meilleur moment de la journée, mais ça ne semble pas être suffisant.”

Est-ce que vos enfants ont tendance à voir la vie en rose ou en gris ? dîtes-le dans les commentaires

A vous de jouer !

Cecile

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